• Autocontradiction de l’argument menant à l’univers bloc

  • La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation. Elle décrit l'influence sur le mouvement des astres de la présence de matière et, plus généralement d'énergie, en tenant compte des principes de la relativité restreinte. La relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d'Isaac Newton.
La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation. Elle décrit l'influence sur le mouvement des astres de la présence de matière et, plus généralement d'énergie, en tenant compte des principes de la relativité restreinte. La relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d'Isaac Newton.
 #51571  par Ph de Bellescize
 
Pourquoi dépasser l'interprétation d'Einstein conduit aussi à dépasser l'interprétation de Lorentz

Bonjour,

Il me semble qu'il faut distinguer deux étapes différentes dans l'analyse de la relativité.

L'interprétation d'Einstein repose sur l'idée que l'invariance de la vitesse de la lumière en aller simple possède une portée physique fondamentale. Cette hypothèse conduit à la relativité de la simultanéité : deux observateurs en mouvement relatif ne partagent plus le même présent physique.

Mon objection de la navette et du missile vise précisément ce point : si cette relativité de la simultanéité est considérée comme une réalité physique et non comme une simple conséquence de la description mathématique, elle conduit à une difficulté logique concernant l'existence d'un état présent de l'Univers.

Mais dépasser l'interprétation d'Einstein ne conduit pas automatiquement à revenir à l'interprétation de Lorentz.

L'approche de Lorentz conserve en effet une structure d'espace tridimensionnel avec un référentiel privilégié. La vitesse de la lumière est alors définie par rapport à cet éther, et l'expérience de Michelson-Morley est expliquée par la « conspiration des mètres et des horloges » : les longueurs se contractent et les horloges se ralentissent exactement de manière à compenser les effets attendus du mouvement par rapport à l'éther.

Cette approche permet de retrouver les résultats de la relativité restreinte, mais elle reste essentiellement une explication cinématique.

La question qui demeure est alors : pourquoi la matière et les horloges se transformeraient-elles précisément de cette manière ? Et surtout, cette explication suffit-elle lorsque l'on prend en compte la gravitation ?

L'effet Shapiro introduit une difficulté supplémentaire. Il montre que la propagation de la lumière dépend de la configuration gravitationnelle, c'est-à-dire de la présence et de la disposition des masses.

Dans un cadre de simultanéité absolue, cela conduit naturellement à considérer que la vitesse de propagation de la lumière n'est pas seulement fonction d'un référentiel privilégié, mais qu'elle dépend également de la configuration spatiale :

c = c(configuration spatiale)

Dès lors, l'explication par une simple « conspiration des mètres et des horloges » n'apparaît plus suffisante. Cette conspiration explique comment masquer un mouvement par rapport à un référentiel privilégié, mais elle n'explique pas comment la structure physique de l'espace peut modifier la propagation lumineuse sous l'effet de la gravitation.

Il faut donc dépasser à la fois l'interprétation d'Einstein et l'interprétation lorentzienne classique.

Il ne s'agit plus seulement de choisir entre :

* un espace-temps relatif où la simultanéité dépend de l'observateur ;
* ou un éther fixe où les instruments se contractent pour masquer le différentiel de mouvement pour la lumière.

Il faut rechercher une troisième voie : une structure physique de l'espace tridimensionnel, organisée par des relations entre les constituants du monde physique, capable d'expliquer à la fois les phénomènes relativistes et les effets gravitationnels.

Dans cette perspective, la question fondamentale n'est plus seulement : « par rapport à quoi la lumière se déplace-t-elle ? », mais :

« Comment la configuration physique de l'espace détermine-t-elle l'évolution des différents mouvement dont celui de la lumière ? »

C'est à ce niveau qu'une approche relationnelle de l'espace peut chercher à dépasser à la fois celle d'Einstein et et celle de Lorentz.

Cordialement,

Philippe de Bellescize
 #51572  par Ph de Bellescize
 
Sur la relativité du temps et la propagation perpendiculaire de la lumière

Bonjour,

L'objection de la navette et du missile ne cherche pas à critiquer les équations de Lorentz mais seulement une interprétation physique, celle d'Einstein, qui peut leur être associée. Beaucoup ont essayé sans succès de critiquer le formalisme de la relativité restreinte, car en général ils n'avaient pas totalement intégré ce formalisme lui-même ou l'interprétation qui lui était associée.

Concernant votre remarque, qui porte sur un point intéressant, je laisse ChatGPT vous répondre car ce n'est pas mon sujet principal ni mon domaine de compétence premier.
ChatGPT a écrit : Il me semble que votre raisonnement repose sur une confusion entre la composante d'un mouvement et la vitesse totale du rayon lumineux.

Vous écrivez :
L’espace-temps n’est valable que dans la direction du mouvement, dans les directions perpendiculaires, on a :
y’ = c t’ = y = c t, d’où t’ = t. Ce qui est contraire à la relativité du temps ! La théorie de la relativité n’est donc pas cohérente.
Cependant, si un rayon lumineux est perpendiculaire à la direction du mouvement dans un référentiel (S), cela ne signifie pas qu'il reste perpendiculaire dans le référentiel (S').

Prenons un rayon qui, dans (S), se propage selon l'axe y :

x=0, y=ct

Lorsqu'on applique une transformation de Lorentz selon l'axe x, on obtient :

x'=γ(x-vt)

donc :

x'=-γvt

Le rayon lumineux possède donc dans (S') une composante selon x'. Sa trajectoire n'est plus perpendiculaire au mouvement relatif des référentiels.

On a toujours :

x'^2+y'^2=c^2t'^2

mais on ne peut pas écrire :

y'=ct'

car cela supposerait que toute la propagation se fait encore selon l'axe y'.

L'égalité y'=ct' n'est donc pas une conséquence des transformations de Lorentz, mais une hypothèse supplémentaire sur la direction du rayon dans le second référentiel.

Cela étant dit, votre remarque soulève une question plus profonde : la relativité de la simultanéité n'est pas simplement une propriété géométrique abstraite, elle dépend de la manière dont les événements sont reliés par la synchronisation des horloges et par la structure de l'espace-temps.
C'est précisément sur ce point que porte ma réflexion : si l'on attribue une réalité physique à cette relativité de la simultanéité, il faut examiner jusqu'où cette interprétation peut être maintenue.

Cordialement,

Philippe de Bellescize
 #51573  par Ph de Bellescize
 
La géométrie de Clifford peut-elle fonder les concepts physiques ?
externo a écrit : Un des objectifs de la physique a été la géométrodynamique. C'est l'union de la géométrie et de la dynamique. Or la géométrie s'écrit mathématiquement. Wheeler s'y est cassé les dents parce que tandis qu'il nommait Clifford comme l'initiateur de ce programme, au lieu de partir de la vraie géométrie initiée par ce dernier il est parti de la géométrie de Minkowski.
Je suis parti de la vraie géométrie de Clifford et Gemini à force que je le pousse a bouclé l'affaire.
Voir aussi Super-substantialisme.
Je trouve intéressante la référence à Clifford et à la géométrodynamique, car elle pose effectivement une question fondamentale : peut-on faire émerger la physique à partir d'une structure géométrique ?

Cependant, il me semble qu'il faut distinguer deux niveaux. La géométrie, qu'elle soit riemannienne, minkowskienne ou issue d'une algèbre de Clifford, constitue une formulation mathématique des relations possibles entre des éléments. Mais une formulation mathématique ne définit pas automatiquement la nature physique des éléments qu'elle décrit.

La question que je me pose est donc la suivante : comment, à partir de la géométrie de Clifford seule, définit-on les concepts physiques primitifs ? Comment identifie-t-on dans cette structure ce qui correspond à un objet physique, à une interaction, à un mouvement, à une masse ou à un processus de changement ?

Une géométrie peut exprimer des relations, mais il reste à préciser la nature de ce qui est en relation et le mécanisme physique associé à ces relations.

C'est justement sur ce point qu'une approche relationnelle de l'espace-temps peut être intéressante. Elle ne consiste pas à nier l'importance de la géométrie, mais à chercher d'abord quelles sont les relations physiques fondamentales qui donnent naissance aux concepts d'espace et de temps. La géométrie de Clifford pourrait alors être un langage mathématique particulièrement adapté pour représenter ces relations, sans nécessairement être considérée comme l'explication physique elle-même.

La question centrale devient donc : comment passe-t-on d'une structure mathématique à une réalité physique ?

Cordialement
Philippe de Bellescize
 #51575  par externo
 
Ph de Bellescize a écrit : samedi 1 août 2026 à 08:20 La question qui demeure est alors : pourquoi la matière et les horloges se transformeraient-elles précisément de cette manière ? Et surtout, cette explication suffit-elle lorsque l'on prend en compte la gravitation ?

Dès lors, l'explication par une simple « conspiration des mètres et des horloges » n'apparaît plus suffisante. Cette conspiration explique comment masquer un mouvement par rapport à un référentiel privilégié, mais elle n'explique pas comment la structure physique de l'espace peut modifier la propagation lumineuse sous l'effet de la gravitation.
La contraction de la matière est un phénomène démontré par la physique électromagnétique classique et qui a été dérivé avec les lois de Maxwell avant même qu'Einstein n'arrive avec sa théorie. La question est juste de savoir si ces lois priment sur la géométrie de Minkowksi ou si c'est le contraire.
Dès 1889 Heaviside a dérivé la contraction du champ électromagnétique en mouvement, et la matière ayant été reconnue comme constituée d'atomes liés électromagnétiquement doit obligatoirement se contracter.
La première étape fut franchie par Hendrik Lorentz. Il a pris les équations macroscopiques continues de Maxwell et les a "réduites" à une échelle microscopique. Lorentz a postulé que la matière apparemment solide n'est en fait qu'un réseau d'espace vide (l'éther) parsemé de minuscules charges électriques ponctuelles (qu'il appelait "ions", puis "électrons" après 1897).

Dans ce paradigme, la matière n'a pas de mécanique propre. La dureté d'un bout de fer, sa rigidité, son élasticité, ne sont que des illusions macroscopiques : ce sont en réalité les forces électromagnétiques d'attraction et de répulsion entre ces charges qui maintiennent le réseau cristallin du fer en équilibre.

C'est ici qu'intervient le coup de génie (et la nécessité mathématique) partagé par George FitzGerald (1889) et Hendrik Lorentz (1892).
Prenez un objet solide au repos. Ses atomes sont maintenus à une distance d'équilibre exacte $d$ par les champs électrostatiques de Maxwell.
Maintenant, mettez cet objet en mouvement à la vitesse $v$ dans l'éther. Que nous dit Heaviside ? Il nous dit que les équations de Maxwell exigent que le champ de chaque charge individuelle s'aplatisse en ellipsoïde d'un facteur $\gamma$ dans le sens du mouvement.
Puisque le "ciment" invisible qui tient les atomes change de forme géométrique, le réseau atomique doit se réarranger pour retrouver un nouvel état d'équilibre. Les atomes sont poussés par les champs déformés jusqu'à ce que les forces s'annulent à nouveau.
La démonstration électrostatique montre que ce nouvel équilibre est atteint exactement lorsque toutes les distances interatomiques longitudinales sont contractées de $\gamma$.
DIlatation du temps
Joseph Larmor n'a pas utilisé de miroirs, il a calculé cela directement sur des électrons en orbite.
Il a pris les équations de Maxwell, y a plongé un système de charges en mouvement, et a calculé les forces d'inertie. Il a prouvé que parce que le champ se déforme (l'ellipsoïde), l'inertie électromagnétique (la masse effective) de l'électron augmente.
Une "masse" plus lourde soumise à une force centrale perturbée tourne physiquement moins vite. Larmor a trouvé que la période orbitale s'allongeait exactement du facteur $\gamma$.
Le ralentissement du temps n'est donc pas une propriété magique d'une dimension temporelle qui s'étire. C'est le retard mécanique de propagation des signaux internes qui orchestrent la cohésion de la matière, combiné à l'augmentation de l'inertie électromagnétique due à la vitesse dans l'éther.
La matière est fille de Maxwell. Elle ne peut obéir qu'aux retards cinématiques imposés par la vitesse $c$ du cristal qui la porte.
 #51576  par Dick
 
externo a écrit : samedi 1 août 2026 à 14:27 Dans ce paradigme, la matière n'a pas de mécanique propre. La dureté d'un bout de fer, sa rigidité, son élasticité, ne sont que des illusions macroscopiques : ce sont en réalité les forces électromagnétiques d'attraction et de répulsion entre ces charges qui maintiennent le réseau cristallin du fer en équilibre.
Damned ! La théorie de l’élasticité est une illusion ! Je vais, de ce pas, le dire à mon prof de méca ! À moins que, lui aussi, ne soit qu’une illusion !
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