GDaube a écrit : On peut écrire :Je pense que notre désaccord provient essentiellement de la signification que nous donnons au temps.
Δt' = k Δt
...
Finalement Δt' = Δt, il y a invariance du temps par changement de référentiel, le temps est donc absolu.
En écrivant
Δt' = k Δt
vous introduisez déjà une hypothèse qui ne fait pas partie de mon raisonnement. Vous supposez qu'il existe une relation universelle de proportionnalité entre les durées mesurées dans deux référentiels, indépendante des conditions spatiales et des relations physiques qui gouvernent les mouvements.
Or c'est précisément cette hypothèse que je ne fais pas.
Lorsque je parle de simultanéité absolue, je ne parle pas d'un temps absolu au sens newtonien. Je parle uniquement de l'existence d'un présent physique commun, c'est-à-dire d'un ordre objectif des événements.
En revanche, je n'affirme nullement que deux horloges identiques, placées dans des conditions physiques différentes, doivent mesurer les mêmes durées, ni même que leurs durées doivent toujours être être reliées par une constante de proportionnalité.
Dans mon approche, le temps ne constitue pas une grandeur première.
Je rejoins sur ce point la tradition d'Aristote, pour qui le temps est lié au mouvement, et je retrouve également chez Carlo Rovelli l'idée qu'il ne faut pas considérer le temps comme une entité indépendante. En revanche, je me sépare de Rovelli sur plusieurs points importants, notamment parce que je conserve l'idée d'un présent physique commun et que je ne partage pas l'interprétation selon laquelle la continuité du réel disparaîtrait au niveau fondamental.
Pour moi, le temps est toujours lié aux relations physiques.
S'il existe un rapport de proportionnalité entre deux durées, celui-ci ne peut pas être posé comme un postulat. Il doit être découvert à partir des rapports existant entre les différents mouvements. Ce sont les mouvements et leurs relations qui sont premiers ; la comparaison des durées en est une conséquence.
C'est pourquoi je ne peux pas partir de l'hypothèse
Δt' = k Δt
comme si cette relation existait indépendamment des conditions spatiales et des relations physiques. Dans mon système, le rythme des horloges dépend précisément de ces conditions.
Plus généralement, je ne considère pas l'espace-temps comme une structure primitive.
L'espace possède, selon moi, un aspect discret, lié aux constituants fondamentaux. En revanche, sa continuité ne provient pas d'une divisibilité infinie, mais du mode d'action actuel du principe moteur qui relie continuellement ces constituants. De même, la continuité de l'existence et du mouvement résulte de cette action relationnelle actuelle.
Ainsi, l'aspect discret de la réalité est expliqué par les constituants, tandis que son aspect continu est expliqué par le mode d'action du principe moteur.
Dans ce cadre, il n'est pas possible de dissocier complètement la dimension temporelle de la dimension spatiale. Le rythme des mouvements dépend des relations physiques, lesquelles dépendent elles-mêmes de la configuration spatiale. Le temps n'est donc pas une variable autonome ; il exprime le rapport entre des mouvements inscrits dans une configuration physique donnée.
C'est pourquoi je distingue soigneusement :
• la simultanéité des événements, qui relève de l'ordre objectif de l'existence ;
• la mesure des durées, qui résulte de la comparaison de mouvements pouvant évoluer différemment selon les conditions physiques.
Je pense donc que votre démonstration est valable dans le cadre des hypothèses que vous adoptez, mais qu'elle ne répond pas à la définition de la simultanéité absolue que je défends, puisque celle-ci ne suppose jamais un temps absolu ni une relation universelle de la forme Δt' = k Δt.
Pour ceux qui souhaiteraient mieux comprendre ma conception du temps et les points sur lesquels elle rejoint ou se distingue de celle de Carlo Rovelli, j'ai développé cette question ici :
Rovelli, Klein et le temps.
Cordialement,
Philippe de Bellescize
Dernière modification par Ph de Bellescize le mardi 30 juin 2026 à 21:56, modifié 4 fois.