• Autocontradiction de l’argument menant à l’univers bloc

  • La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation. Elle décrit l'influence sur le mouvement des astres de la présence de matière et, plus généralement d'énergie, en tenant compte des principes de la relativité restreinte. La relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d'Isaac Newton.
La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation. Elle décrit l'influence sur le mouvement des astres de la présence de matière et, plus généralement d'énergie, en tenant compte des principes de la relativité restreinte. La relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d'Isaac Newton.
 #51340  par GDaube
 
Bonjour,

Désolé j'étais fatigué et je me suis mal exprimé dans mon dernier message.

Il y a un point sur lequel il faut se mettre d'accord. C'est les postulats sur lesquels vous partez. Parlez vous de la mécanique classique ? De la relativité restreinte ? Ou d'une théorie à vous.
 #51341  par Ph de Bellescize
 
Bonjour,
GDaube a écrit : Il y a un point sur lequel il faut se mettre d'accord. C'est les postulats sur lesquels vous partez. Parlez vous de la mécanique classique ? De la relativité restreinte ? Ou d'une théorie à vous.
Votre question est importante, mais je pense qu'elle appelle une réponse un peu plus nuancée.

Vous me demandez si je pars de la mécanique classique, de la relativité restreinte ou d'une théorie personnelle.

En réalité, je pars d'abord de problèmes posés à la physique que je tente de résoudre dans le cadre d'une conception personnelle des choses. Cela ne signifie pas que je reparte de zéro ou que je rejette les théories existantes. Au contraire, j'essaie de comprendre à quel niveau se situent les difficultés conceptuelles qu'elles peuvent soulever.

À mon sens, il est important de distinguer plusieurs niveaux d'analyse en physique.

Il y a d'abord une vision du monde, plus ou moins explicite, qui oriente notre manière d'interpréter les phénomènes. Il y a ensuite les concepts fondamentaux sur lesquels reposent les théories. Viennent ensuite le formalisme mathématique, puis l'aspect opérationnel, c'est-à-dire la manière dont les grandeurs sont définies et mesurées expérimentalement.

Ces différents niveaux ne doivent pas être confondus. Un formalisme mathématique peut être parfaitement cohérent tout en soulevant des difficultés d'interprétation au niveau conceptuel. C'est précisément ce que je cherche à examiner.

Il existe, de mon point de vue, une certaine complémentarité entre la physique et la philosophie de la nature. La physique a dû s'émanciper de la physique d'Aristote afin de construire ses propres concepts, adaptés à sa méthode expérimentale et mathématique. Mais cela ne signifie pas que toute réflexion philosophique soit devenue inutile. Si une représentation suffisamment objective du monde physique est possible, les deux démarches devraient pouvoir, au moins en partie, s'enrichir mutuellement.

J'aborde cette question ici :

Rapport entre philosophie et physique : une complémentarité possible

Parmi les concepts qui me paraissent essentiels figure celui d'inertie. C'est, selon moi, l'un des points où l'émancipation de la physique vis-à-vis de la pensée aristotélicienne a été la plus profonde, tout en conservant une interrogation commune sur la causalité du mouvement.

J'ai beaucoup apprécié les ouvrages de Robert Signore, avec qui j'ai eu plusieurs échanges par courrier. Je recommande notamment son livre "Histoire de l'inertie, d'Aristote à Einstein", que je compte d'ailleurs relire prochainement.

À mes yeux, l'histoire de la physique montre que la compréhension de l'inertie n'a cessé d'évoluer, depuis Aristote jusqu'à Einstein. Je pense que cette évolution n'est pas achevée et que c'est probablement par un approfondissement de ce concept que pourra émerger une théorie plus générale de l'univers.

C'est d'ailleurs à partir d'expériences de pensée portant sur cette question que j'ai été conduit à formuler un postulat conceptuel susceptible, selon moi, de servir de fondement à une théorie générale de l'univers.

Vers une théorie unifiée de l'univers

Mais ce sujet est vaste. Je préfère donc procéder progressivement afin de ne pas mélanger tous les niveaux de discussion dans un seul message.

Cordialement
Philippe de Bellescize
 #51343  par GDaube
 
Bonjour,
dans le cadre d'une conception personnelle des choses.
C'est bien le problème :)
Si vous inventez votre théorie, personne ne pourra parler avec vous. Si des personnes arrivent à discuter sur la relativité ou la physique classique, c'est quelle est largement documentée. On parle tous de la même chose. Il est facile de trouver des cours, des vidéos ou des livres sur ces sujets. (Facile de trouver des cours mais néanmoins de qualité variable et cela reste difficile à comprendre pour la plupart des gens)
 #51344  par Ph de Bellescize
 
Bonjour,
GDaube a écrit : dans le cadre d'une conception personnelle des choses.

C'est bien le problème :)
Si vous inventez votre théorie, personne ne pourra parler avec vous.
Je reconnais bien là la remarque que vous souhaitiez sans doute me faire. C'est d'ailleurs pour cela que votre question me paraissait, volontairement ou non, quelque peu piégeuse.

Vous remarquerez cependant que vous ne citez que la fin de ma phrase. Voici ce que j'avais écrit dans son intégralité :
En réalité, je pars d'abord de problèmes posés à la physique que je tente de résoudre dans le cadre d'une conception personnelle des choses. Cela ne signifie pas que je reparte de zéro ou que je rejette les théories existantes. Au contraire, j'essaie de comprendre à quel niveau se situent les difficultés conceptuelles qu'elles peuvent soulever.
Le sens est donc sensiblement différent.

Je pense d'ailleurs que, lorsqu'un physicien cherche à faire évoluer le traitement d'une question, il est lui aussi guidé, au moins en filigrane, par une certaine conception des choses. Bien entendu, ces conceptions peuvent être de nature différente selon la formation, la culture scientifique ou philosophique de chacun.

Votre remarque soulève finalement une question plus générale : qu'est-ce qu'une réflexion issue de la philosophie peut apporter à la physique ?

À mon sens, la véritable question n'est pas de savoir de quel domaine provient une idée, mais de savoir si le problème soulevé est réel, si le raisonnement est cohérent et si les moyens employés sont adaptés pour l'aborder.

C'est précisément pour cette raison que j'ai commencé par une réflexion d'ordre général : je souhaitais expliciter ma démarche avant d'entrer dans les aspects plus techniques ou simplement plus précis. J'espère d'ailleurs qu'au fur et à mesure où j'aborderai les détails, des personnes ayant une formation différente de la mienne pourront rejoindre la discussion en y trouvant des "points d'appui" intéressants pour poursuivre la réflexion.

Vous savez, lorsqu'un domaine reste bloqué pendant des années sur une même difficulté sans parvenir à la résoudre, ce n'est pas nécessairement un handicap qu'un regard extérieur propose un autre éclairage. Certaines idées admises implicitement peuvent être erronées ou simplement trop peu interrogées. Un regard différent peut conduire à remettre en question ces présupposés et ainsi déverrouiller le problème. C'est, me semble-t-il, l'un des rôles d'une réflexion heuristique et épistémologique.

Je poursuivrai, comme annoncé, mon développement sur la question de l'inertie dans un prochain message.

Cordialement,

Philippe de Bellescize
 #51345  par Ph de Bellescize
 
Bonjour,

Pour poursuivre mon analyse sur l'inertie et entrer un peu plus dans le vif du sujet, je voudrais faire une remarque qui me paraît importante.

Parmi les apports de la philosophie d'Aristote qui, à mon sens, n'ont peut-être pas été pleinement pris en compte par la physique moderne, figure la notion de "cause", et plus particulièrement celle de "cause actuelle" lorsqu'il s'agit du mouvement.

Inversement, parmi les acquis fondamentaux de la physique moderne qui ne pouvaient pas être intégrés dans la conception aristotélicienne du monde, il y a précisément la notion d'inertie.

À ce sujet, il faut d'ailleurs que je relise le très bon ouvrage de Robert Signore, "Histoire de l'inertie, d'Aristote à Einstein", qui retrace très bien cette évolution historique.

Le principe d'inertie est généralement formulé ainsi :
Tout corps persévère dans l'état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme dans lequel il se trouve, à moins qu'une force n'agisse sur lui et ne le contraigne à changer d'état.
C'est précisément à partir de ce principe que je pense qu'apparaît une difficulté conceptuelle.

Il me semble qu'il existe, au moins dans notre manière de penser ce principe, une confusion subtile entre la notion de "cause" et celle de "force". Cette confusion conduit finalement à écarter, pour le phénomène de l'inertie, la notion même de cause actuelle.

Or, si Aristote ne pouvait pas rendre compte du phénomène d'inertie, ce n'est pas, selon moi, parce que la notion de cause actuelle serait incompatible avec celui-ci. C'est parce que, dans sa cosmologie, le Premier moteur agit au moyen du Premier mobile, de sorte que le mouvement des corps résulte, sauf pour ce Premier mobile, d'une chaîne de causes actuelles de nature mécanique.

Une telle conception ne permet effectivement pas de rendre compte du principe d'inertie, précisément parce qu'une cause actuelle de nature mécanique ne peut expliquer un phénomène inertiel.

En revanche, je pense qu'il est possible de concevoir une "cause actuelle non mécanique", compatible avec le principe d'inertie lui-même. C'est précisément l'un des enjeux de ma recherche. Si cette idée est correcte, elle permettrait de conserver l'intuition aristotélicienne selon laquelle tout mouvement implique une cause actuelle, tout en intégrant pleinement l'apport fondamental de la physique moderne qu'est le principe d'inertie.

C'est ce point que je vais essayer de développer progressivement.

Cordialement,

Philippe de Bellescize
 #51346  par Ph de Bellescize
 
Bonjour,

À partir du moment où l'on admet qu'il existe nécessairement un instant présent pour l'Univers — ce qui est naturel dans une perspective aristotélicienne, mais beaucoup moins pour un physicien confronté aux difficultés soulevées par la relativité — une conséquence importante apparaît.

L'un des objectifs de l'objection de la navette et du missile est précisément d'essayer d'établir un consensus sur ce point.

Si l'Univers possède à chaque instant un état physique déterminé, tout mouvement correspond alors à un changement de cet état global. Or tout changement d'état suppose une cause. Il en résulte que tout mouvement implique une cause actuelle.

Je reconnais volontiers que ce raisonnement est ici présenté de manière très synthétique. Il me paraît néanmoins posséder une valeur heuristique importante.

À partir de là apparaît une nouvelle difficulté.

Si une cause actuelle de nature mécanique ne peut rendre compte du phénomène de l'inertie — qu'il convient de distinguer du principe d'inertie, lequel constitue avant tout une formalisation de ce phénomène — alors il devient nécessaire de rechercher une autre nature de cause.

Selon l'analyse que je propose, cette cause actuelle ne peut être de nature mécanique ni résulter de la seule matière. Cela conduit à poser l'existence d'un principe moteur non matériel, ou spirituel, puis à s'interroger sur son mode d'action.

Ce principe ne peut agir selon un mode d'action extérieur au monde physique, car celui-ci perdrait alors son autonomie propre. Son action doit être immanente : elle ne s'ajoute pas aux forces physiques, mais fonde leur possibilité même en agissant par interrelation selon la détermination des éléments.

À ce stade de ma réflexion, je ne vois pas d'autre possibilité cohérente.

Si cette analyse est correcte, nous obtenons alors les deux principes les plus fondamentaux à l'origine du monde physique : d'une part les constituants matériels, d'autre part le principe moteur qui en fonde l'actualisation permanente.

Ces deux principes possèdent une portée ontologique — ils concernent l'être même des choses — mais également une portée explicative puisqu'ils permettent de rendre compte de l'efficience du mouvement.

Ils peuvent, me semble-t-il, être approchés aussi bien par la philosophie que par la physique. Les deux disciplines ne s'opposent donc pas ; elles deviennent complémentaires dans la connaissance d'un même objet : le monde physique.

C'est pour cette raison que je considère ce postulat comme le point de départ le plus fondamental et le plus universel dont nous disposions, s'il est effectivement valide. C'est à partir de lui, selon moi, que devraient être définis les concepts primitifs de la physique.

C'est également pour cette raison que je pense que l'approfondissement de la compréhension du phénomène de l'inertie est susceptible de conduire, bien au-delà de cette seule question, à la formulation d'une théorie générale de l'Univers. Si l'inertie oblige à s'interroger sur la nature même de la causalité du mouvement, alors elle conduit nécessairement à s'interroger sur les principes les plus fondamentaux qui gouvernent l'ensemble du monde physique.

Cordialement,

Philippe de Bellescize
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