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Les autres théories ou peut être la votre...
 #9858    par Cornelia Sissena
 mercredi 25 août 2010 à 14:06
Voilà, j'aurais besoin de votre aide concernant l' ''énigme'' du Dark Age.

J'explique: le Dark Age, c'est la période de l'Histoire comprise entre 535 et 600, à peu près. On l'appelle l'Age Noir car des phénomènes célestes et météorologiques ont plongé l'Europe dans le Moyen Age. Il nous reste quelques récits antiques pour avoir une idée de l'ampleur du cataclysme. Je cite:

Agathias: «L’été suivant, il y eut un furieux tremblement de terre à Constantinople et en plusieurs autres endroits de l'Empire qui ruina un grand nombre de villes, tant dans les îles qu'en terre ferme et qui fit périr presque tous les habitants (…) Dans le même temps on sentit aussi quelques légers tremblements dans la grande ville d'Alexandrie assise sur le bord du Nil (…) Dans le même temps l’île de Cos fut agitée de semblables mouvements et en ressentit d'horribles effets. Il n'y en eut qu'une petite partie préservée de ruine, tout le reste ayant été abimé. La mer enflée extraordinairement, inonda les maisons les plus proches du rivage et les entraîna avec les meubles et les hommes».

Procope de Césarée ensuite: «Il y eut, dans le même temps, un tremblement de terre, qui ébranla si furieusement la Béotie, l'Achaïe, et les bords du golfe Crisée, que huit villes, et plusieurs villages périrent. Les villes de Chéronée, de Coronée, de Patra, et de Naupacte, furent de ce nombre. Une infinité d'hommes en moururent. En quelques endroits, la terre s'entrouvrit, puis, en se rejoignant, elle reprit sa première face. En d'autres endroits, les ouvertures sont demeurées, qui ont rompu les chemins, et qui obligent de prendre de grands détours. Dans la retraite que la mer fait, entre la Thessalie, et la Béotie, elle se déborda tout d'un coup proche des villes d'Echinée, et de Scarsia, et renversa tous les bâtiments. Elle inonda si longtemps la campagne, et changea si fort des places, que l'on pouvait aller à pied en certaines petites îles, au lieu qu'on ne pouvait approcher des montagnes ».

Grégoire de Tours relate aussi la catastrophe: «Le fleuve du Tibre avait couvert la ville de Rome d’une telle inondation que les édifices antiques en avaient été renversés».

Ce cataclysme ne s’est pas arrêté à provoquer des tremblements de terre et des raz-de-marée, il a aussi obscurcit le ciel pendant une longue période! Plusieurs personnes ont témoigné de ce phénomène. Tout d’abord le préfet Aurélius Cassiodorus: «Nous observons tous, pour ainsi dire, un soleil de couleur bleue; nous nous émerveillons des corps qui ne projettent pas d’ombre à midi… Nous avons donc un hiver sans tempête, un printemps sans douceur, un été sans chaleur». Procope de Césarée encore: «Le soleil donnait sa lumière sans éclat, comme la lune, durant toute l’année… » Enfin Jean d’Ephèse: «Le soleil était sombre et son obscurité dura 18 mois; chaque jour, il brillait environ 4 heures, et cette lumière n’était qu’une ombre faible».

Les conséquences sur le climat ont été radicales: la température en Europe a baissé en moyenne de 2 à 3°, la pluie qui tombait était rouge, et il tombait aussi de la poussière jaune comme de la neige. Alors que le bassin méditerranéen était plongé dans un brouillard sec, il neige tous les mois de l’année en Europe du nord. Les récoltes auraient été mauvaises pendant sept ans. Les cernes des arbres montrent une croissance ralentie pendant 15 ans!

Il y a très peu de théories sur ce sujet. L'une d'elles est du scientifique David Keys, qui appuie sa théorie d’après un vieil ouvrage javanais, le Pararaton, le 18 février 535, le Krakatoa serait entré en éruption. Force de l’explosion: 2 000 millions de bombes Hiroshima!!!
Seulement, à mon avis, l'explosion d'un volcan n'a pas pu provoquer des dégats pareils, je penche plus pour une métorite.

Alors, voilà mes questions: pour vous, comment une métorite aurait pu provoquer un tel cataclysme? De combien pouvait être sa taille? Aurait-elle pu tomber dans le Pacifique et provoquer des tremblements de terre et raz-de-marée jusqu'en Europe? Et un obscurcissement du ciel pendant 18 mois? Bref, j'aurais besoin de l'aide d'experts pour résoudre cette énigme. Merci bien à ceux qui voudront m'aider :icon_e_biggrin:
 #9860    par MIMATA
 mercredi 25 août 2010 à 14:51
Bonjour,

Pourquoi l'explication volcanique ne te convient-elle pas ? Il est souvent arrivé dans l'histoire de la Terre que de grosses éruptions volcaniques provoquent des changements climatiques au niveau mondial pendant plusieurs dizaines d'années et que les effets des explosions soient ressentis à des milliers de km.
Les météorites peuvent aussi provoquer des catastrophes similaires mais leur signature est caractéristiques. En analysant les couches de cendres, on détecte des éléments typiques des météorites. Si on n'a pas trouvé de traces de ce types datées de cette époque, c'est que l'hypothèse de la météorite n'est pas confirmée.
Par ailleurs, les traces d'un tsunami dans le pacifique datant de cette époque aurait facilement été identifié.
Maintenant, il faudrait rechercher s'il y a des traces d'un gigantesque tsunami datant de l'an 535 ou des traces d'iridium dans des couches géologiques datant de la même époque.
 #9861    par Cornelia Sissena
 mercredi 25 août 2010 à 19:33
Ben justement... on aurait retrouvé des traces d'un impact dans le Pacifique vers 500. L'article est en anglais:

''Giant Meteorites Slammed Earth Around A.D. 500?
Double impact may have caused tsunami, global cooling

Richard A. Lovett
for National Geographic News
Published February 3, 2010

Pieces of a giant asteroid or comet that broke apart over Earth may have crashed off Australia about 1,500 years ago, says a scientist who has found evidence of the possible impact craters.

Satellite measurements of the Gulf of Carpentaria (see map) revealed tiny changes in sea level that are signs of impact craters on the seabed below, according to new research by marine geophysicist Dallas Abbott.
Based on the satellite data, one crater should be about 11 miles (18 kilometers) wide, while the other should be 7.4 miles (12 kilometers) wide.
For years Abbott, of Columbia University's Lamont-Doherty Earth Observatory, has argued that V-shaped sand dunes along the gulf coast are evidence of a tsunami triggered by an impact.
"These dunes are like arrows that point toward their source," Abbott said. In this case, the dunes converge on a single point in the gulf—the same spot where Abbott found the two sea-surface depressions.
The new work is the latest among several clues linking a major impact event to an episode of global cooling that affected crop harvests from A.D. 536 to 545, Abbott contends.
According to the theory, material thrown high into the atmosphere by the Carpentaria strike probably triggered the cooling, which has been pinpointed in tree-ring data from Asia and Europe.
What's more, around the same time the Roman Empire was falling apart in Europe, Aborigines in Australia may have witnessed and recorded the double impact, she said.

Based on the new research, Abbott thinks the two craters were made by an object that split into pieces as it approached Earth.
To make a pair of craters this big in the seafloor's soft sediments, the original object must have been about 2,000 feet (600 meters) across before it broke up, she said.
Core samples from the region back up the case for such an impact, Abbott added. Previous research had found that the samples contain smooth, magnetic spherules, which were probably created when the object's explosive landing melted material and blasted it into the sky.
Furthermore, a 2004 paper in the journal Astronomy and Geophysics suggested that the circa-A.D. 500 global cooling event might have been caused by dust from an impact of approximately the size Abbott has now calculated for Carpentaria.
It's even possible the impact had eyewitnesses: Aboriginal rock art from the region seems to have recorded the event, although the researchers examining this art declined to discuss details until after their paper has been published.
Still, Duane Hamacher, a Ph.D. student at Macquarie University in Sydney not involved with the rock-art work, recently demonstrated that Aboriginal stories can be used to locate meteorite craters.
"Numerous examples of fiery stars falling from the sky and striking the earth, causing death and destruction, are found throughout Aboriginal Dreamings [spiritual folk stories] across Australia," Hamacher wrote on his blog.
"The descriptions seem to indicate that the events were witnessed, not simply 'made-up.'"
In findings yet to be published, Hamacher used one set of Aboriginal stories, along with images in Google Earth, to locate a 919-foot-wide (280-meter-wide) impact crater in Palm Valley, in Australia's Northern Territory.
Too Many Meteorite Strikes?
But some experts are skeptical of Abbott's conclusions, which were presented last December at a meeting of the American Geophysical Union in San Francisco.
One potential problem is the presence of two separate craters at the Gulf of Carpentaria site, said physicist Mark Boslough of Sandia National Laboratories in Albuquerque, New Mexico.
If a large impactor had broken up on its final approach to Earth, he said, the fragments would still have been very, very close together when they landed: "It essentially will behave as one piece," creating a single crater, Boslough said.
In addition, he said, Abbott and other members of an informal association called the Holocene Impact Working Group are finding evidence for more impact events than astronomers calculate should be possible.
Abbott and colleagues argue that several climate events during the Holocene epoch—11,500 years ago to the present—were actually triggered by impacts, and therefore such large impacts are more common than currently believed.
Boslough and other experts, meanwhile, have been cataloging asteroids and other bodies that cross Earth's orbit and calculating how frequently space rocks should strike the planet.
"We have a pretty good idea about how many there are and what the frequency of impact should be, and the abundances based on [the working group's claimed crater count] are orders of magnitude greater than what astronomers observe," Boslough said.
"It's pretty hard to imagine where these things could be coming from so that astronomers wouldn't see them."
Instead, it's more likely that the craters found by the working group have volcanic origins, the impact skeptics conclude.
Abbott acknowledges that her case for Carpentaria isn't 100-percent proven. But in general, she said, "I think we're getting very close to being able to show there were a lot of impacts in the last 10,000 years."

Alors, qu'en pensez-vous?