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  • L'univers du père Uranus

  • Dans cette rubrique, vous pouvez parler de n'importe quoi et de ce qui ne se rapporte pas à l'astro ou aux sciences
Dans cette rubrique, vous pouvez parler de n'importe quoi et de ce qui ne se rapporte pas à l'astro ou aux sciences
 #31500    par pere uranus
 vendredi 18 juillet 2014 à 17:10
Amis du forum venez donc vous baigner, en ces périodes de vacances, dans la Mer de la Tranquillité !


BAR DE L’UNIVERS
Pension de Famille
Hôtel Restaurant





XVIII EPISODE

PLONGEON DANS LA MER DE LA TRANQUILLITE



Toulouse – Vendredi – 17h05

Demain samedi, il n’y aura pas de prestation du père Uranus. Le public est donc avide d’entendre notre homme raconter ses premiers pas, ses premiers pas sur la lune.

- Mes chers amis, bonjour ! Où en étions-nous ?
Ah oui, nous avions aluni par le nez de l’œuf et nous apprêtions à stationner l’engin.
Chaque trou, chaque bosse ou obstacle était directement ressenti à l’intérieur du vaisseau.
Arrivé devant l’abri, Alexandre rétracta les pieds hydrauliques au maximum, de manière à entreposer la navette sans endommager les groupes électrogènes et télescopes disposés sur le toit.

- Nos appareils dorsaux seront protégés des météorites explique Alexandre grâce à une dalle d’acier de 10 cm d’épaisseur car à l’arrêt nous ne bénéficions plus de l’effet d’impédance collatérale. Plusieurs mètres cube de gravas de lune étendus sur cette dalle représentent un bouclier statique acceptable pour tout habitat lunaire.
Notre complexe est également construit de la sorte.

Apercevant un dispositif analogue sur chaque poids lourd, je lui demande :

- Vos camions bénéficient aussi de votre générateur dernier cri ?

- Oui ! Tout endroit statique ou dynamique susceptible de recevoir l’homme doit pouvoir l’accueillir avec un maximum de survie. L’air pressurisé, l’eau et l’électricité ainsi que quelques boites de conserves sont ici synonymes de survie.

Bien… Avant de sortir, nous devons respecter la check liste. Elle nous ordonne « opération pipi avant combi » Direction les toilettes, c’est l’occasion de les inaugurer.
Nous possédions au début, le système Apollo : un trou vers l’extérieur et basta, on referme, la pression intérieure éjectant l’éjectable dans l’univers.


Avec une petite idée derrière la tête, j’ai sophistiqué ces toilettes.


Elles ressemblent à toutes les autres, à part ces deux sorties.
L’une est réservée aux matières solides, l’autre aux liquides.
Dans la deuxième, les liquides arrivent dans un séparateur moléculaire dissociant d’un côté hydrogène et oxygène, qui une fois recombinés restituent de l’eau propre et de l’autre, urée, albumine et autres déchets organiques transformés en poudre qui eux iront rejoindre la première sortie des solides une fois ceux-ci passés dans un incinérateur.

C’est à mon humble avis les premières toilettes écologiques de l’univers.
Cette mixture soigneusement conservée servira mon fameux projet de conquête planétaire.
Une providence pour l’homme, en danger sur sa propre planète.

Pierre Olive, attentif à rendre la monnaie, n’en sursaute pas moins :
- Notre avenir dépendrait de nos chiottes ? !!!! ?

- C’est un raccourci mais n’oubliez pas, nous sommes issus d’étoiles mortes, de déchets d’étoiles.
Devant ces WC révolutionnaires, je me suis soulagé, pensant ironiquement à mon avenir dans le cosmos.

- N’hésitez pas à tirer la chasse ajoute Alexandre l’eau reviendra automatiquement après être passée par le stade gazeux.

Nous renfilâmes nos combinaisons et casques. Une fois harnaché, j’effectuais quelques sauts et mouvements divers. Malgré le poids du scaphandre, je me sentis à la fois léger et puissant. Je pesais 20 kg pour un potentiel musculaire de 80 kg. Je m‘estimais alors invulnérable, erreur et désillusion, vous comprendrez par la suite.
Marial me renseigna sur la température.

- En période d’ensoleillement, 15 jours terriens, il règne une température de
+120° celcius sur les surfaces exposées au soleil et -50° sur celles à l’ombre d’une montagne ou barrière rocheuse.
En période de lune noire -160° sur toute la surface.
Notre combinaison absorbe tous ces écarts sauf en lune noire où le chauffage est électrique.

- Sans soleil sur le casque, comment fabriquez-vous de l’électricité ?


- Le ciel est constellé d’étoiles. Elles remplacent le soleil sur les plaques photovoltaïques.

Nous étions alors habillés de la tête aux pieds, fins prêts à affronter le climat lunaire.

- Nous communiquerons par radio, complète Martial. Si vous percevez le moindre problème à respirer, ouvrez les bouteilles dorsales d’un coup sec sur la vanne « coup de poing » située sur la poitrine. Il faudra alors envisager de rejoindre la navette dans les heures suivantes.

Nous sommes équipés de la deuxième génération de combinaison.
Alexandre, soucieux de nos commodités, avait conçu une sortie naturelle à travers les parois afin de satisfaire nos besoins tout aussi naturels.



Un jour dans l’espace, revenant de dégripper un socle de télescope, je me suis attardé autour de la navette, admirant les étoiles et suite à un succulent cassoulet, le gastrique me rappelle à l’ordre et expulse une quantité gazeuse importante.
Je fus subitement projeté à une centaine de mètres de la navette, sans aucun moyen d’y revenir. Impossible d’appeler à l’aide, Alexandre n’était pas en liaison radio.
Je dus la vie sauve aux tuyaux des bouteilles dorsales que j’arrachais de manière à me diriger et revenir vers la gravité de la navette.

Depuis, Alexandre a supprimé cet orifice et prévu un troisième tuyau, réservé aux déplacements extérieurs au vaisseau.

Pierre Olive :
- Tiens, tiens ! Le cassoulet serait le seul plat dans l’espace qui nourrit son homme tout en lui servant d’énergie de propulsion !

Rire général.
Le calme revenu :

- Bravo, Pierre Olive, pour tes raccourcis ! Je continue, si tu le veux bien.

La fraîcheur commençait à m’envahir par l’intermédiaire du masque. C’était la lentille en céramique qui nous fournissait déjà hydrogène et oxygène grâce au peu de lumière diffusée par l’éclairage intérieur de l’œuf.

Une fois la porte intérieure du sas refermée, Alexandre ouvrit la vanne extérieure afin de vider l’air sur la lune et je sentis brusquement la combinaison se gonfler.
C’était simplement l’absence de pression juxtaposée au 1 kg / cm² de pression intérieure qui la dilatait. Je me sentis tout bizarre dans ce scaphandre devenu semi rigide. J’avais les bras et les jambes écartés.

Une fois le sas vide d’air, Alexandre ouvrit la porte extérieure de la navette et m’annonça :

- Programme des réjouissances : visite de notre complexe lunaire et son confort terrien, sa gastronomie bien franchouillarde, puis quelques pas sur ceux de Neil Amstrong et Buzzy Aldrin non loin d’ici et si vous le désirez encore nous aborderons d’autres sites d’alunissages américains et russes.

Descendant les quelques marches nous séparant de ce sol mythique, nous ressemblions à des bibendums empotés. Martial sauta directement et rebondit d’une façon inattendue.
Une fois à lune, malgré l’encombrement du scaphandre, je me sentis terriblement agile.
Alexandre relia électriquement la navette à une prise murale de ce parking poids lourds.
Hors de l’abri, je marchais sur la lune ! Je foulais la lune ! J’écrasais la lune !
Chose étrange, chaque pas faisait jaillir le sable à une hauteur surprenante.
Malgré l’euphorie du moment due à cette situation hors du commun, impensable quelques heures auparavant, j’étais déçu, déçu par quoi ? Par le paysage ! J’observais les alentours : couleur grise, temps gris, sol triste. J’étais désappointé, les seules couleurs venaient de chez nous la terre.
Les rochers aux alentours n’arrivaient pas à égayer le site, cela manquait franchement de végétation, et pourtant je me trouvais à l’emplacement même des rêves et fantasmes de bon nombre d’entre nous.

Je suivais Martial enveloppé d’un nuage.

- La lune est très poussiéreuse ! Dis-je.

- L’impact de nos pas fait voler le sable car le grain ne pèse ici que le 1/6 de son poids.

A cinq ou six mètres de notre alunissage Alexandre et Martial tombèrent en arrêt devant une sphère métallique d’un mètre vingt, entourée d’encombrants panneaux solaires tordus et brisés.

Alexandre :
- Ah ! Voilà le fameux satellite à qui nous avons coupé l’orbite.
Il est immatriculé M PP 113 N° 1145 ……
Les M PP sont de surveillance militaire américaine, des satellites espions. En principe, il n’aurait pas dû se situer sur une orbite aussi haute parce que l’analyse des détails à cette distance reste plus difficile qu’à orbite basse.
Ils ont dû le perdre ou l’éjecter volontairement dans l’espace.
Il a subi un sacré choc en touchant le sol, toute une partie est écrasée.


Martial :
- Cela ne doit pas arriver souvent qu’un satellite quitte l’attraction terrestre pour venir se scratcher sur la lune ?

- Oui, le phénomène d’impédance collatérale se confirme.
Nous le renverrons à son propriétaire, accompagné d’un mot d’excuse.

Etonné, je regardais Martial rieur.

- Le professeur est resté très farceur à ses heures. Nous le chargerons dans la soute de l’œuf.

- A combien estimez-vous son poids ?

- 600 kg environ, ici cela ne fait plus que 100 kg. Nous y arriverons facilement.

Se dirigeant vers une construction recouverte de sable et petits rochers lunaires, Martial se mit à courir, effectuant des bons analogues à ceux d’un trampoline.

- Voici notre résidence secondaire avec vue sur toutes les mers et océans de la terre.

L’esthétique n’était pas la première qualité de l’édifice. Quelques fenêtres émergeaient de cette triste muraille rouillée. Quelques tags me disais-je alors auraient été les bienvenus.
La porte d’entrée ou porte du sas ressemblait à celle d’un coffre fort avec un volant d’ouverture en guise de serrure.

- Nous avons bâti ce refuge m’explique Alexandre grâce à ces dalles soudées ; couler du béton nous aurait compliqué la tâche.

- Par manque d’eau ?

- Détrompez-vous, nous en avons à profusion, elle alimente nos robinets et sanitaires.

- Sous pression ?


- Absolument ! Par une méthode ancestrale de sourcier, nous avons situé l’emplacement d’un forage et grâce au camion tarière, l’un des 3 poids lourds, nous avons creusé un puit d’une cinquantaine de mètres et canalisé l’eau jusqu’à cette structure.

- Vous la pompez ?


- Non, nous envoyons du gaz sous pression dans la poche phréatique, ce qui fait remonter l’eau dans les tuyaux jusqu’aux robinets.

- Quel gaz injectez-vous ?


- De l’hydrogène car ici, issu de l’eau c’est un gaz en trop. Avec un camion grue, un groupe électrogène et un poste à souder conséquent ce fut un jeu d’enfant d’ajuster ces dalles et les unir pour l’éternité.

- Comment fonctionne le moteur de ces poids lourds ?

- Grâce à l’hydrogène et oxygène, dans un mélange très riche en hydrogène, afin de ne pas faire fondre ses pistons. Un circuit électrique avec bougie d’allumage remplace le circuit d’injection.


Quelle gloire, me disais-je, pour ce vieux BERLIET de finir sa vie sur la lune !

- Votre groupe électrogène est-il alimenté de la même manière ?

- Non. Nous utilisons le générateur électrique de première génération, actif sur la lune sans aucun apport d’énergie. Nous en avons un sur notre vaisseau, un sur l’appartement et sur chaque véhicule PL.
Il est constitué de deux panneaux dos à dos inclinés à 45° où circule un liquide.
L’ensemble est mobile sur un axe. Une cellule photoélectrique va diriger l’un des panneaux vers le soleil, l’autre se retrouvant forcément à l’ombre.
Les rayons du soleil élèvent rapidement la température à 150°. Le liquide monte dans le panneau, bout et actionne une turbine située au-dessus des deux capteurs. Puis cette vapeur est envoyée dans le deuxième panneau à l’ombre où elle se refroidit, se condense, redescend et revient alors par le bas au premier panneau, ainsi de suite.
La turbine actionne un alternateur qui nous alimente en 220 ou 380 volts. Le liquide étant de nature huileuse, la vie de l’appareil est presque éternelle.


- Il faut malgré tout du soleil !

- Absolument ! Ainsi que de la gravité. Pour cette raison, j’en ai imaginé un second susceptible de fonctionner avec la lumière des étoiles et sans gravité. C’est cette lentille en céramique adaptée sur notre casque car hélas les périodes d’ensoleillement ne dépassent pas 15 jours.
Bien…. Pour l’instant visite de notre résidence secondaire.


Martial tourna alors le volant d’ouverture comme le fait votre banquier devant sa chambre forte et la lourde porte pivota.

- Pas de sonnette ni de serrure ? Leur demandais-je.

- Non ! Rares sont les visites désirées comme indésirables !

A l’intérieur du sas, changement de décor. Deux appliques électriques brillaient en permanence. Le sol et les murs étaient recouverts de moquette saumon.
Me désignant les appareils de mesure situés sur la paroi opposée à 3 placards :

- Nous allons bénéficier du même mélange gazeux que sur terre sous une pression de 1,045 kg/cm² et une hygrométrie à 55%. Ne vous déshabillez pas tant que la pression n’est pas montée m’indique Alexandre, pointant du doigt le baromètre.
Ce complexe est en permanence sous tension électrique et sous atmosphère grâce au générateur deuxième génération, la grosse lentille.
L’air est filtré comme dans la navette et le gaz carbonique éjecté. L’azote provient d’une citerne cryogénique empruntée à St-Dizier.

- Vous avez puisé vos matériaux de construction dans le Triangle des Bermudes ?


- Rassurez-vous, ces emprunts seront remboursés grâce aux gains issus de nos découvertes.

Pierre Olive :
- Si j’ai bien compris ces emprunts seront remboursés par des découvert……es !

Hilarité générale

Le père Uranus :
- Tu as raté ta vocation, Pierre Olive ! Je continue :
La pression à l’intérieur du sas continuait de monter. Tout au long de la manœuvre, je sentais mon scaphandre se dégonfler, c’était l’équilibre des pressions.

Alexandre :
- Ne vous avisez jamais de vider le sas sans avoir endossé votre combinaison, vous éclateriez comme une baudruche.

Pierre Olive :
- Heum ! Pas très hospitalière Dame Lune !

- Nous pouvons nous désincarcérer, déverrouillez gants, casque, chaussures ….. et rangez-les dans le placard n° 2 dans lequel une paire de charentaises vous attend.

- Touchante attention car mes chaussures étaient restées dans le vaisseau. Malgré l’hygrométrie à 55% je ressentais nettement une différence d’assèchement de l’air.
Alexandre ouvrit la porte intérieure et nous pénétrâmes en costume de ville et charentaises dans cet antre de civilisation coloniale terrestre sur sol lunaire.
Si ce n’était l’implantation, l’ensemble n’aurait rien eu d’original, chaleureux certes, moquetté saumon (il a dû bénéficier d’un prix de gros) éclairage indirect gentiment camouflé, chose curieuse, il n’y avait pas d’interrupteur. Je lui en fis la remarque.

- Seules les chambres en sont équipées, pour les autres pièces à quoi bon nous ne payons pas les
photons !



La porte intérieure donnait sur une grande salle de 50m² et la disposition générale de l’habitat ressemblait étrangement à celui de la navette : couloir central à gauche desservant cuisine, salle de bains et chambres signées du même architecte.
Cependant le local de droite, réservé dans le vaisseau au contrôle de navigation, était ici occupé par des télescopes apparemment normaux réservés à l’observation, mais sait-on jamais !!! Avec eux tout restait envisageable.

Un tableau de contrôle, pression, température, hygrométrie, était également là pour nous rappeler la difficulté de reconstitution d’une vie terrienne dans ce refuge lunaire.

Par les nombreuses fenêtres agrémentées de rideaux, côté droit de l’habitat ou si vous préférez côté sud géographique lunaire, nous apercevions un arrondi de la terre.

- Il n’y a rien de plus merveilleux avant de s’endormir que de contempler un clair de terre ! M’avoua Alexandre. Pour cette raison, ma chambre donne directement sur Terre.

M’avançant vers l’ouverture, j’admirai également cette merveille où je suis né, cette planète bleue et blanche.
Malgré tout le temps m’inquiétait.

- Le temps me semble bien gris, comme s’il allait pleuvoir ?

- Cette lumière grise est d’abord due à l’environnement lunaire, son sol en particulier mais également aux différentes couches de protection contre les rayons cosmiques diffusés sur les verres des fenêtres. Nous ne bénéficions pas des couleurs réelles.

- Combien avez-vous de chambres ?


- Six ! Nous avons voulu faire grand afin d’organiser des séjours et rentabiliser nos recherches.

Le mobilier était des plus rustiques : quelques placards, une immense table centrale, plusieurs chaises dépareillées. De nombreux radiateurs convecteurs entretenaient la température et un écran moniteur était allumé sur un paysage désertique et rocailleux de couleur jaune.

- C’est une retransmission en direct de la planète Mars. Elle nous indique le temps qu’il fait car le vent martien, le « Marstril » comme je l’ai baptisé, nous empêche certaines activités.

Martial m’extirpa de mes cogitations.

- Cette porte donne accès à une cuisine tout à fait classique, plaques électriques, four, frigo, congélo, divers placards à conserves. Seule la hotte aspirante est différente, c’est un simple trou vers l’extérieur, une ouverture sur la lune et croyez-moi, c’est efficace.
L’ouverture est modulable sinon toute la vaisselle y passerait et notre pressurisation avec, malgré le compresseur qui peinerait à rétablir l’équilibre.
En face, cette porte donne sur la salle d’eau avec baignoire, douche, lavabo et wc récupérateur à l’instar de la navette.

Plus loin, 6 chambres, dont trois avec vue sur les mers de terre et les trois autres avec vue sur mer lunaire. Voilà notre F7 lunaire !
Plusieurs questions se bousculaient dans mon crâne :

- Comment avez-vous transporté tout ça de terre, camions, acier et le reste, Alexandre ?

- Arrimés latéralement à la navette. Nous avons transporté de part et d’autre du vaisseau une cargaison invraisemblable. La charge ne nous gênait guère bien au contraire.

- Vous n’avez jamais été repérés pendant ces travaux ?

- Par les astronomes ? Non ! Nous avions pris nos précautions.

- A l’abri d’un parasol ?

- Non, grâce à une des applications du télescope à lentille ferrite. Je vais vous en faire la démonstration.

Il ouvrit un placard et en retira un instrument bizarre apparenté au télescope, néanmoins très court et très large, le brancha à une prise murale et me fit face.

- Ceci est un télescope à champ large, m’apercevez-vous ?

- A 6 pas de moi, le contraire serait inquiétant.

- Bien, attention ! Moteur ! Comme disent les metteurs en scène.


Guère rassuré sur ce qui pouvait sortir de cet engin, j’attendis. En effet ce qui suivit fût proprement sidérant, mais quoi de plus logique dans l’espace sidéral. Je ne voyais plus le professeur Fortin à deux pas de moi. Il avait disparu dans son appareil. Seul restait visible le cordon le reliant à la prise. Une voix sortie de nulle part m’apostropha.

- Alors, Monsieur Callisto ? Croyez-vous aux fantômes, à l’homme invisible ?

- Où êtes-vous ?


- A la même place ! Je coupe l’alimentation électrique et je réapparais. C’est un simple dérivé d’application du gobeur de photons. Quand il les avale, il est impossible de voir dans un espace déterminé comme autour d’un trou noir.
Grâce au choix d’un grand angle, nous supprimons en partie le phénomène d’attraction en élargissant le champ d’application. Un tel appareil dirigé vers la terre empêche n’importe quel astronome à l’œil télescopique d’ausculter la lune sur une portion déterminée. C’est ce même système qui nous permet de nous poser sur terre sans être aperçus de quiconque.

Toutefois, sur une longue période, ce procédé a ses limites car il prédispose à une attirance d’agrégats et diverses météorites dans son champ d’action, ce qui pourrait détruire l’appareil et nous avec.

- Mais alors, une question se pose, votre générateur à lentille au-dessus de l’habitat est en danger permanent de bombardement ?

- Non : nous l’avons recouvert d’une dalle d’acier comparable à la bâtisse. La lentille reçoit la lumière ou les photons, si vous préférez, par l’intermédiaire d’une feuille d’inox poli, dirigée vers les lentilles captatrices. Cet inox est parfois abîmé par les cailloux célestes et régulièrement remplacé.


En ouvrant la porte du sas, si aucune lumière n’est allumée, nous renouvelons immédiatement cette tôle afin de bénéficier instantanément du fonctionnement de ce groupe : électricité et oxygène.

A cet instant, je me demandais quel problème n‘avait pas résolu ce diable d’homme.
Me voyant examiner l’épaisse moquette, Martial précisa :

- La main d’œuvre locale ne court pas les rues. C’est le matériau le plus rapide et facile à poser. Une bonne épaisseur d’isolant sur la ferraille, une couche de colle, une belle étendue de moquette et c’est habitable, clés en mains. Seules les cloisons intérieures sont en bois et malgré tout isolées, ce qui permet des températures différentes dans chaque salle.
Ma pièce favorite est la cuisine, vous prendrez bien un petit expresso lunaire ?

- Volontiers.


- Tous ces placards ainsi que le congélateur renferment de la fine nourriture terrestre, histoire de ne pas se dépayser le gastrique car ici question légumes ou gibiers locaux, faudra attendre un peu.

- Par arrêt du groupe toutes vos réserves risquent d’être fichues ?


- Non, elles seront un peu plus congelées par le froid lunaire, c’est tout. En revanche pour notre cave à vin cela serait dramatique. Néanmoins nous venons ici assez régulièrement et plus rapidement qu’à Deauville. C’est notre résidence secondaire.

- La mer en moins.


- C’est un comble !!! Océans atlantique, pacifique, une kyrielle de mers, vous avez devant vous la meilleure vue océanique de tout l’univers, de surcroît nous sommes en pleine mer (de la tranquillité) et la mer vous manque !!!

- Veuillez m’excuser.

Avant d’alimenter la cafetière, Martial réfléchit :
- Ces décalages horaires m’ont donné faim, n’avaleriez-vous pas un morceau ?

- A vrai dire pourquoi pas, je commence à avoir l’estomac dans les talons.

Consultant ma montre, 1 heure à peine nous séparait du départ.

Alexandre :
-Les sucs gastriques réagissent beaucoup plus à la distance parcourue qu’au temps écoulé.

Sur ce, Martial sortit du frigo quelques cochonnailles et d’un placard devinez quoi ? Un succulent castoulet dont l’odeur, réchauffé au bain marie, embaumait cette cuisine …lunaire.


- Fameux cet « en-cas », Martial. Il restera le meilleur plat de mon existence.

Alexandre :
- Le fait d’avoir quitté la terre influe sur nos papilles, elles sont plus sensibles, méfiez-vous.

- Probablement, néanmoins ce Bourgogne est royal, ne me dites pas le contraire.

- Certes non. Vous voilà prêt à arpenter la lune, visiter son parc à ferraille, les vestiges d’alunissage américains, sa casse automobile, etc.… ?


Contemplant la bouteille de vin aux trois quarts vides, Martial ajouta :

- Si je jetais cette bouteille dehors, dans un premier temps le bouchon sauterait et dans un deuxième le vin se gazéifierait, profitons-en pour la finir avant les contrôles d’alcoolémie sur voies spatiales !

Sur ce, le père Uranus referme son classeur.

- Aujourd’hui, j’ai particulièrement été généreux.
Profitez de votre week- end pour digérer ce récit avant de prendre la route, lundi, sur les pistes lunaires plus accidentées que celle du « Dakar ».
Sur ce, bon dimanche à tous !
 #32220    par pere uranus
 mardi 2 septembre 2014 à 11:58
Bonjour tous.
Cet épisode contient la preuve irréfutable que les américains ont bien marché sur la Lune !

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XIX EPISODE

LES BONNES HISTOIRES DU PERE URANUS

VISITE LUNAIRE
(La ligne droite n’existe pas)



Toulouse – Lundi – 17h20


Comme toute la semaine à cette heure, l’estaminet affiche complet. Le père Uranus est prêt à relater son épopée.

- Mes chers amis, vous vous souvenez certainement où nous en étions : nous finissions de déguster dans ce bunker lunaire, Alexandre, Martial et moi-même, un succulent castoulet (pléonasme).
Le trajet terre-lune me parut si court, je demandais alors à Alexandre :

-Combien de temps faut-il aux américains pour atteindre la lune ?

- Avez-vous peur qu’ils nous surprennent ?
Il leur faut d’abord se libérer de l’attraction terrestre, se mettre en orbite autour de la terre, puis par une impulsion calculée quitter cette orbite afin d’accrocher la gravitation lunaire, se placer en orbite lunaire, choisir la face visible depuis la terre, entrer dans le LEM, se séparer du véhicule Apollo et descendre gentiment, sélectionner son emplacement et se poser sans s’écraser.

Toute une série de phases déterminant ou non la poursuite du voyage.
Le trajet terre lune peut s’effectuer entre 3 et 5 jours.
Le manque d’atmosphère leur évite un bouclier thermique, en revanche cela les prive d’un frein naturel qu’ils compensent par de l’énergie embarquée avec des rétrofusées.

- Ils ne se déplacent jamais en ligne droite ?

- La ligne droite n’existe pas dans l’univers. Des galaxies jusqu’aux plus petites météorites, toutes évoluent sur une courbe, je ne vais pas vous l’apprendre, particulièrement à vous.

- Sauf pour vos déplacements !

- On pourrait le croire en effet mais c’est une erreur, un effet d’optique.

Prenons l’exemple d’un voyage de la terre vers Mars, exécuté à la vitesse maximum.
Nous calons notre grand télescope sur l’image de Mars de façon à nous y rendre presque instantanément étant donné la faible distance et le millième de seconde écoulé.
Nous pourrions effectivement imaginer se déplacer sur une droite. Que nenni ! Notre objectif s’est calé sur une image de Mars vieillie de 20 minutes environ suivant la distance nous séparant d’elle, le temps que met la lumière à nous apporter sa reproduction.
Or pendant ces minutes, Mars a évolué sur son orbite si bien qu’à notre arrivée, mettons une seconde pour compter large, nous avons décrit une courbe.


Se déplacer en ligne droite resterait théoriquement possible. Il suffirait de pointer le télescope vers la position réelle qu’occupe Mars dans le temps, anticiper la course de cette planète sur son orbite. Nous approcherions ainsi de très près d’une ligne droite.

- Les tireurs au ball-trap pratiquent de la sorte.

- Exact, hélas dans notre cas ce n’est pas réalisable car notre déplacement reste lié à l’attraction d’un astre dont la lumière nous a apporté l’image. La ligne droite n’existe donc pas encore dans l’univers.


Martial débarrassait les reliefs de notre repas et Alexandre fit cette réflexion :

- Malgré tous nos rêves et nos fantasmes, la lune reste un endroit très inhospitalier pour l’homme.
Son manque d’atmosphère, son absence de bouclier gazeux et magnétique et ses trop grands écarts de température freineront quelque peu le tourisme dans le futur.
La terre, vous vous en apercevrez vite en voyageant dans l’univers, est un véritable petit coin de paradis. Il nous sera très difficile de dénicher, même après une étude approfondie des galaxies, une planète bénéficiant :


1) d’une température moyenne de 20°
2) d’une atmosphère supportable et respirable
3) d’un bouclier protecteur (atmosphère) pour ne pas être bombardé à tout moment de météorites et d’un bouclier magnétique contre les éruptions solaires.
4) D’une pesanteur acceptable car sur certaines planètes nous serions collés au sol par une trop forte gravité.

Croyez-moi, il est bon d’aller voir ailleurs pour apprécier son chez-soi, le bon vieux plancher des vaches.

Nous avons plusieurs fois évoqué, avec mon frère, cette idée de paradis promis à des êtres vivant sur un astre, à des années lumière, plus hostile pour ses qualités de vie que sur la terre, créatures à qui on aurait promis notre globe en guise de récompense d’une vie correctement remplie, une sorte de maison de retraite bien méritée pour extraterrestres méritants devenus terrestres.
Puis, cette terre de Jouvence faisant des miracles sur leur libido, malgré leur âge avancé, ils se seraient multipliés et auraient peuplé nos continents.

- Croyez-vous à une telle hypothèse ?



- Non ! Pas franchement. Aucun fait ne l’étaye, mais pourquoi pas après tout.
Allez, la visite continue, les couverts au lave vaisselle, les déchets à l’incinérateur, ils iront grossir et alimenter notre futur sur Mars.

- Au début du repas, vous parliez d’un parc à ferraille, que vouliez-vous dire ?

- La lune est devenue une déchetterie à métaux suite aux lancements de satellites appartenant au moins à 3 nations USA, URSS et Japon.
Vous seriez stupéfaits de connaître le nombre de sondes, modules, capsules et autres véhicules lancés de terre, venus s’écraser ici, sans compter les échecs inconnus de certaines puissances.

La lune est devenue la première casse automobile après la terre. Nous la visiterons.

- Comment allons-nous nous déplacer ? A pied ?

- Non, en camion !

Le public surpris, le père en profite pour faire une pose. En revanche Maurice et Pierre Olive ne chôment pas à servir jus de fruits et cervoises bien fraîches.

Notre homme repose sa chope et ….

- Une fois l’expresso avalé, les ordures incinérées, les WC honorés et les combinaisons enfilées, Alexandre referma la porte intérieure du sas et vida l’air sur la lune, ce qui fit gonfler nos tenues spatiales. Il ouvrit alors la porte principale et nous nous retrouvâmes en contact radio sur sol lunaire.
Les enjambées étaient si étonnantes de facilité que je me mis à sauter de plus en plus haut.

- Attention me dit Martial, n’abusez pas d’effort inutile car chaque mouvement nécessite l’appui du corps et vous ne bénéficiez plus que d’1/6 d’adhérence.

- Nous nous approchions du garage distant de quelques dizaines de mètres où stationnaient avec la navette, un camion grue, un camion tarière et un troisième probablement réservé à la promenade.

Levant la tête pour contempler une fois encore notre terre nourricière, je me pris les pieds contre un rocher. J’effectuais alors un phénoménal valdingue, avant de retomber au sol d’une façon étrange et confortable. Alexandre et Martial accoururent aussitôt et examinèrent la combinaison.

Alexandre :

- Le compresseur automatique ne s’enclenche pas, tout va bien de ce côté. C’est l’essentiel car vous ne mourrez pas d’une fracture mais bien d’un accroc trop important à la combinaison. Si vous sentez vibrer le compresseur, dirigez-vous aussitôt soit vers la navette, soit vers l’appartement ou encore vers ce camion de transport équipé d’une cellule de survie, les sas fonctionnent de la même manière. Pas trop de bobos ?
- Non, tout va bien à part la surprise.

- Alors continuons notre excursion, voici notre taxi.


C’était un ancien 6x6 militaire, entièrement revu, corrigé et adapté à la région ; un tout terrain lunaire, un tout à l’air libre avec malgré tout une dalle d’acier en impériale comme protection, surmontée bien entendu du fidèle générateur lenticulaire.
Le poste de conduite comprenait deux places à côté du conducteur. La cellule de survie occupait la partie avant du plateau, la place restante était vide, accessible à n’importe quel transport de matériel.

Alexandre :

- Les lames de suspensions ont été remplacées par des ressorts hélicoïdaux beaucoup plus souples avec un plus grand débattement en fonction de la diminution du poids de l’engin. Ils absorbent plus facilement les irrégularités du sol. Toutefois la motricité a subit la plus grosse transformation.

Permettez, il faut réchauffer l’huile moteur avant de démarrer car elle est complètement figée sous ce hangar glacial.

Martial se saisit d’un câble électrique émergeant du capot et le brancha à une prise murale probablement reliée au générateur central.

Je disais donc, côté propulsion, nous bénéficions de deux moteurs alimentés par deux énergies distinctes.

1) Le moteur thermique initial, un bon vieux diesel modifié qui fonctionne à l’hydrogène et oxygène issus de l’eau disposée entre la lentille et la plaque photovoltaïque du groupe, comme sur notre casque. Ce moteur actionne par l’intermédiaire de la boite à vitesse le pont avant du véhicule.
2) Nous avons ajouté un moteur électrique entraînant les deux ponts arrières sans l’exigence d’une boite à vitesse, il a sa propre plage d’utilisation.


- Pourquoi deux moteurs ?

- Toujours la sécurité. Une météorite détruit nos groupes, nous rentrons alors avec les bouteilles d’hydrogène et oxygène cryogéniques disposées sous le châssis.
Tous nos dispositifs sont doublés voire triplés comme le bon vieux générateur sandwich que nous avons conservé sur le toit.

- Ce n’est pas moi qui vous en blâmerais d’autant qu’une brusque envie de regagner nos pénates m’envahit.


- C’est symptomatique du syndrome amicalement baptisé « syndrome du plancher des vaches ». Vous êtes un peu en avance car généralement il se produit après la dixième heure passée dans l’espace.

- Etes-vous restés longtemps en dehors de l’attraction terrestre ?


- Longtemps, dans l’espace, est une notion non quantifiable car le temps s’écoule d’une façon différente partout dans l’univers, à part Mars qui tourne sur elle-même comme la terre.
Prenez l’exemple de la lune : la durée totale d’une journée est d’environ 350 h, de même pour la nuit. La notion de temps est difficile à appréhender. Il faut toujours la transformer en jours terrestres pour avoir une idée de sa durée, comme quand vous changez les euros en francs pour apprécier la valeur d’un objet.
Nous sommes complètement déphasés par rapport à notre vie terrestre dont les décalages horaires ne sont rien à côté des décalages astraux.

Seuls le sommeil et l’estomac rythment notre vie. Il m’est arrivé de dormir 82 h d’affilée en période de nuit lunaire. Nous en reparlerons, l’huile de l’engin doit être chaude, je démarre. Le moteur diesel nous servira à effectuer quelques centaines de mètres puis je basculerai sur le moteur électrique.

- Pourquoi ne pas conserver le moteur thermique ?


- Par souci de fiabilité, nous ne connaissons pas les limites des mécaniques fonctionnant à l’hydrogène et oxygène.
Malgré la transformation sur l’augmentation de la chambre de combustion, j’ai bien peur qu’un jour ce moteur fonde comme une motte de beurre au soleil.
Dans le doute nous utilisons ces moteurs en secours ou d’une façon statique, à l’instar du camion grue ou foreur.


Alexandre actionna le démarreur et au bout de quelques essais le compte tours s’éleva.
Je m’installai difficilement à côté d’eux en troisième position, encombré par la combinaison et perçus les vibrations de l’engin, en revanche aucun son ne s’échappait du véhicule.

Alexandre manoeuvra le poids lourd pour sortir et après une centaine de mètres abandonna le moteur à hydrogène, le laissant malgré tout tourner au ralenti pour ne pas refiger son huile.
Nous roulions alors électrique grâce aux photons et chevauchons cahin-caha les pistes lunaires tels des touristes dans un autobus à impériale.

Quelle image paradoxale du passé pour une science d’avant-garde.

- Attachez vos ceintures, avertit Martial, les ponts et chaussées officient très rarement dans le secteur. Le sol est jonché de rochers et de mini cratères dus probablement aux météorites.

- Au fait, leur demandai-je, la conduite sur voie lunaire s’effectue à droite ou à gauche ?

- Au centre ! Vous retrouvez votre humour, c’est bon signe. Vous m’avez fait peur il y a un instant. A cette distance de la terre, comme les alpinistes de haute montagne, nous ne devons compter que sur nous-même et garder un moral d’acier.


Alexandre conduisait son camion en vieux routier de la lune, évitant trous et bosses les plus importants, ce qui ne nous empêchait pas d’être brinquebalés de tous côtés.
La suspension à grand débattement absorbait le plus gros comme la 2CV Citroën dans un champ de labour.
Après quelques kilomètres, nous pénétrâmes en territoire US.

Alexandre :

- Bien qu’il n’existe aucun titre de propriété pour quiconque dans l’espace et sur tout astre, nous avons néanmoins baptisé territoire US leur premier lieu de bivouac, la bannière étoilée flotte encore.


- Comment peut-elle flotter ?

- Non, c’est une image car deux raisons l’en empêchent :


1) Il n’y a jamais de vent sur la lune.
2) Le drapeau est rigide.


En me retournant, j’aperçus un nuage de poussière soulevé par le véhicule.

- Le moteur ne risque-t’il pas d’avaler du sable ?

- Absolument pas. Sur ce genre d’engin il n’y a ni ventilateur, il brasserait du vide, le refroidissement se fait par conduction, ni filtre à air, ni pot d’échappement. Le moteur aspire hydrogène et oxygène, les comprime, les brûle et les transforme en gouttes d’eau rejoignant le séparateur à photons qui à son tour renverra ces deux gaz dans les cylindres.
C’est un circuit fermé.


- Comment vous dirigez-vous sans carte routière, sans panneau indicateur, sans boussole ?

- Comme les marins en mer, avec les astres. La terre à ce titre est un très bon point de repère. Il existe cependant des cartes géographiques lunaires. Ouvrez la boite à gants, il y en a une. Toutefois, je connais un peu la région et me guide grâce au relief.
Voyez ce pic à 11 h ? Nous l’avons baptisé « Pic de la Sérénité » qui n’est répertorié sur aucune carte.

- La lune a un relief très accidenté ?

- En effet, elle possède des chaînes de montagnes et des monts analogues aux nôtres, désignés d’ailleurs par les mêmes noms, comme « le Mont Blanc » culminant ici à
3617 mètres sur sa propre chaîne les « Alpes ».
Vous avez certainement entendu parler de la chaîne des Apennins où alunit à ses pieds
Apollo 15 dans la Mer des Pluies.


- En effet.

- Ou encore le Mont Leibniz culminant à 8000 mètres, analogue à notre Everest.

Alexandre contourna une muraille de rocailles et nous continuâmes, brinquebalés de tous côtés, gardant notre cadence.
Les trous succédant aux bosses, il se faufilait dans ce décor cinématographique, tout en jouant les guides touristiques par radio.


J’en profitais pour écouter ses hypothèses sur l’origine de la lune.
Je vous ai déjà donné, lors de nos premières discutions, ma position sur son origine.
Alexandre Fortin allait plus loin encore.

1) Partie détachée de la terre par explosion interne.
2) Formation par accrétion de matière entourant la terre en quantité à sa genèse.
3) Collision tangentielle de la terre avec un astre et développement de la lune grâce aux débris de l’accident.
4) Cet astre formé ailleurs, évoluant dans les parages de la terre, aurait été capturé par la gravitation de notre globe.
5) Choc avec un autre astre qui l’aurait satellisé autour de la terre et lui aurait fait perdre une bonne partie de son écorce.
6) Pénétration d’un astéroïde géant de forte densité à sa genèse grâce à la malléabilité de sa composition. Cet astéroïde représenterait actuellement le centre de gravité excentré de la lune, ce qui expliquerait avec la 5ème supposition le fait que la lune effectue, dans un temps rigoureusement identique après quelques centaines de millions d’années d’existence, un tour complet sur elle-même, simultané à sa révolution autour de notre planète, d’où le fait de montrer toujours la même face.

Le centre de gravité excentré d’une sphère s’explique de deux façons : soit il lui manque une partie externe arrachée lors d’une collision, soit elle n’a pas de densité uniforme.

Je lui demandai qu’elle était son hypothèse favorite ?

- La 5ème me répondit-il car elle apporterait des vestiges de preuves à une hypothétique guerre planétaire dont je ne discerne pas encore tous les contours.

Voilà comment, avec Alexandre, nous avons évoqué la première guerre planétaire du système solaire, la guerre entre Mars et Venus, racontée ici le mois dernier, si ma mémoire est bonne.

Nous aborderons demain les sites atteints par les américains, si vous le voulez bien.

Merci de votre visite et n’oubliez pas le service pour notre sympathique garçon de café.
 #32706    par pere uranus
 jeudi 16 octobre 2014 à 12:18
Bonjour à tous.
Nous sommes toujours sur la Lune, en train de visiter les sites touristiques lunaires.
Petit rappel : les propos en italiques sont issus des dialogues rapportés par le père Uranus de son voyage spatial.



BAR DE L’UNIVERS
Pension de Famille
Hôtel Restaurant




XX EPISODE

LES BONNES HISTOIRES DU PERE URANUS


VISITE DES SITES TOURISTIQUES LUNAIRES



Toulouse – Mardi – 17h30

L’estaminet de Maurice est archi plein malgré les vacances scolaires.
Le père Uranus, sur son estrade, reste fidèle au rendez-vous.

- Mes chers amis, bonjour !
Nous étions toujours dans la Mer de la Tranquillité et approchions du site d’alunissage d’Apollo 11.

- Le voilà ! s’écria Martial. Le drapeau américain, ou ce qu’il en reste, est à chaque visite un peu plus abîmé par les météorites. C’est ici qu’alunit le 20.07.1969 à 21 heures Apollo 11.

- N’est-ce pas plutôt le 21 ? Dis-je.

- Le 21, ils mirent pied à lune à 4 heures du matin, heure de Paris.
Vue d’une autre planète ou d’un autre astre, la correspondance des jours et nuits terrestres additionnée des fuseaux horaires semble bien confuse !


Observant la terre depuis le départ, le continent européen avait énormément bougé.
A l’arrivée le continent africain se situait face à nous alors qu’il disparaissait maintenant de moitié.
La vitesse de rotation de notre globe se révélait ici à sa juste valeur c’est à dire 1667 km/h à l’équateur. C’est d’ailleurs la raison de ce choix géographique, le plus proche du grand parallèle, pour les lancements des satellites. La région équatoriale augmente la vitesse de libération des engins spatiaux.
Arrivé à trente mètres du drapeau Alexandre freina sèchement et nous glissâmes, les roues bloquées, jusqu’à la bannière étoilée.

- Voilà ce que donne la masse privée en partie de son poids, elle glisse comme sur du verglas. Dit Alexandre.
Nous descendîmes du Berliet et foulâmes ce sol devenu symboliquement sol US.
Les traces des chaussures de Neil Armstrong étaient au ¾ effacées par les cailloux célestes.
A quelques mètres du drapeau US siège la plateforme du LEM, réservée à son décollage, sur ses 4 pieds sabots.
Pris par l’émotion, un silence radio s’établit. Curieusement je songeais aux trois astronautes d’Apollo 13, sauvés grâce à la capsule lunaire : le LEM.

Dans l’espace, tout dispositif majeur doit être doublé m’avoua Alexandre.

- Qu’arriverait-il dans le cas d’une collision de votre vaisseau suivie d’une dépressurisation ?

- Nous allons immédiatement dans la cale, si nous en avons le temps, elle recèle un petit œuf de secours à trois places. Ce n’est pas le grand confort, je l’avoue, mais ce vaisseau de poche possède la même technologie pour poursuivre le voyage. Une fois installés à l’intérieur de cette voiturette de l’espace, la trappe inférieure la libère du vaisseau principal et les télescopes font le reste.

- Vous avez toujours une solution avant le problème !


Mis à part l’emblématique du lieu, l’endroit n’avait rien d’attrayant, de pittoresque ou de touristique, quoique le côté pèlerinage risque plus tard d’attirer la foule.

Une pensée perverse me traversa l’esprit : « Une centaine de touristes pèlerins à 2O mètres de la bannière étoilée, engoncés dans leur combinaison protectrice, attendant leur tour près d’une baraque à frites, le sol jonché de canettes de bière et de cola vides !!! »

Après une pensée plus sereine envers les deux hommes les plus heureux de la terre ce jour là sur la lune, Neil Armstrong et Buzzy Aldrin, nous remontons dans le camion.

- J’ai bien d’autres choses à vous montrer avant de nous rendre sur Mars me dit Alexandre, évitant la plateforme de décollage du LEM. Direction l’Océan des Tempêtes où alunit Apollo 12 le 19 Novembre 1969 ainsi qu’Apollo 14 le 4 février 1971.

Une fois réinstallé dans le véhicule, je songeais à l’unique inconvénient ou inconfort de cette combinaison : elle obligeait à garder les jambes écartées. Les futurs hommes de l’espace ressembleront-ils à nos jockeys d’aujourd’hui ?
Les transformations congénitales des espèces ont parfois des raisons inattendues…

- Nous atteindrons l’Océan des Tempêtes d’ici une bonne heure.

J’attire votre attention sur ce détail, j’ai volontairement raccourci les distances afin de condenser ce récit, sinon des mois n’auraient pas suffit à vous le retracer. En réalité plus de 2000 km séparent la Tranquillité des Tempêtes. Et c’est de bivouac en bivouac que s’est poursuivi le voyage.
Les repas et le repos furent pris dans la cellule de survie avec un confort rudimentaire mais suffisant.
A un moment, une démangeaison au visage finit par m’agacer. J’en fis part à Martial.

- Grattez-vous la visière me répondit-il.

- Très drôle !

- Mais non, voyons ! Appuyez plutôt sur le bouton orange sous le cou. Il déclenche un aérosol spécial bactéricide, anti mycosique et consort à l’intérieur de la combinaison.

Le professeur avait véritablement prévu le plus petit détail.

Alexandre slalomait entre des rochers de plus en plus imposants, pourtant le relief était moins accidenté et la lumière semblait également différente, beaucoup plus vive malgré la protection sur la visière.

- Pourquoi cette différence de luminosité ? demandai-je.

- Nous sommes entre le cirque d’Agrippa et d’Hyginus. Cela pourrait provenir des ions de sodium libérés par toutes les roches qui en sont très riches.
Nous allons franchir l’immense golfe du centre, tomber dans le golfe Torride puis contourner par le nord le cirque de Copernic, région très accidentée, pour arriver enfin entre les cirques d’Enke et Kepler dans l’océan des Tempêtes.
Vous pouvez tout aussi bien suivre l’itinéraire sur la carte.


Le père :
- A ce sujet, je vous ai réservé ce petit cadeau : (il extirpe de son vénérable cartable un important stock de photocopies).
C’est une carte lunaire où tous les principaux sites sont répertoriés. Le tracé en fluo est celui de notre excursion. Vous pourrez ainsi visualiser et suivre plus facilement ce récit.

Pierre Olive, veux-tu distribuer ces cartes routières ?

Le public servi, le Père reprend :
- Une fois la Mer des Tempêtes atteinte, le relief changeait complètement, beaucoup plus plat malgré quelques ilots rocheux. Notre vitesse augmenta grâce au sol absent de nids de poules, région moins bombardée par les météorites.

Alexandre :
- Voyez ce point sombre à une heure ? C’est ici qu’alunit Apollo 12.

- Et Apollo 14 ?

- Beaucoup plus loin, près du cratère Fra Mauro à 11 heures. Nous irons également.

C’est probablement à cet endroit qu’aurait dû se poser Apollo 13 s’il n’avait pas eu ce terrible accident : « un réservoir d’oxygène qui explose en plein voyage spatial » même le plus démoniaque scénario catastrophe n’aurait pas été à la hauteur !
Vous rendez-vous compte de la chance qu’ils ont eue ?

- Ou la malchance, c’est selon !


- Oui ! Comme le nombre 13 : porte bonheur ou porte malheur !

La NASA, en tant que scientifique, a voulu braver ce nombre alors que certains immeubles sont dépourvus de l’étage n° 13. Cela dit, d’autres catastrophes beaucoup plus dramatiques ont eu lieu alors que ce nombre était absent. Quoiqu’il en soit, notre survie, aussi bien sur terre que dans l’espace, reste liée au doublement des fonctions essentielles. Hélas, sur terre l’économie va dans le sens contraire.

Tout en devisant gentiment sur la sécurité dans l’espace, nous nous approchons d’un tas de ferraille, une carcasse métallique d’engin extra lunaire.

- Qu’est-ce ? lui demandai-je. Les gens d’Apollo 12 seraient-ils repartis sans le LEM ?

- Pas du tout, ils alunirent plus loin, derrière ce petit cratère.
Ce sont les vestiges de la sonde automatique Surveyor 3, posée ici 3 ans avant Apollo 12. Les astronautes ont d’ailleurs prélevé quelques pièces qu’ils ont ramenées avec 3 kg de roches et cailloux ramassés aux alentours.


- Elle semble en mauvais état.

- Toujours le même phénomène : bombardement céleste !
En quittant cet astre, nous évoluerons en orbite basse de façon à apercevoir tout ce que les terriens ont envoyé sur son sol. C’est assez impressionnant.

- ??


Après avoir contourné le cratère, nous apercevons l’endroit du séjour d’Apollo 12 avec son vestige sur quatre pattes. Nous repartons sans descendre car il me promit mieux ailleurs.

Alexandre :
- Direction le cratère FRA MAURO ! Il est également situé dans l’océan des Tempêtes.

Les kilomètres furent avalés plus rapidement car le lunain aux abords de FRA MAURO est beaucoup plus régulier et plat. C’est d’ailleurs la raison du choix US, ne souhaitant guère faire alunir leur machine sur une chaîne montagneuse accidentée.

Pierre Olive :
- Qu’est-ce que le lunain ? Un humus lunaire ?

- Non, c’est son sol, comme ici le terrain !!

- Heumh ! …..

Arrivés sur ce lieu d’Apollo 14, Alexandre reprit :
- Ici les Américains ont installé une station scientifique alimentée par une génératrice l’ALSEP (Apollo, Lunar, Surface, Experiment, Package)

- Tiens, tiens, un groupe électrogène quelques 30 ans plus tôt ! Auriez-vous du retard sur les USA ? leur dis-je en plaisantant.


Il restait un vestige adossé à un monticule rocheux : une station scientifique lunaire à peine plus haute qu’une niche à chien, protégée d’une épaisse plaque en matériau composite.
De nombreux fils reliés à des sondes s’échappaient de cette centrale elle-même reliée à un mât d’antenne.

- Les Américains ont déclaré l’avoir débranchée en octobre 1977.
Néanmoins j’en doute car les géologues, sismologues et autres disciplines n’allaient pas
se priver d’une telle source de renseignements.

- Si elle fonctionne encore, elle a dû enregistrer les vibrations du camion et les retransmettre ? Que vont-ils en déduire ?

- Je ne sais pas, un séisme en préparation…… Tranquillisez-vous, ils ne risquent pas de venir nous surprendre.


Nous mîmes pied à lune et approchâmes de cette station.

- Ils l’ont protégée du mieux qu’ils pouvaient avec du matériel léger. C’est la matière utilisée à la fabrication des premiers gilets pare-balles. La partie droite est occupée par le générateur d’une puissance de 63 W (La puissance d’une ampoule d’éclairage) fonctionnant à l’énergie nucléaire de fission au plutonium 238.

- Nous avons déjà essaimé notre matière fissile sur un autre astre !!!


- Et oui ! Néanmoins notre énergie du futur sera l’énergie des étoiles, l’énergie de la fusion des noyaux d’hydrogène ou ses isotopes.

- Vous oubliez votre photon, mon cher Alexandre.


- Non, pas du tout. Avant qu’une application d’une invention tombe dans le panier de la ménagère, les écolos auront le temps de devenir écolos !

Allez ! Etape suivante !!!


Nous repartîmes vers la Mer des Pluies où alunit Apollo 15 aux pieds de la chaine des Apennins en contournant cette mini centrale scientifique installée depuis plus de 40 ans, reliée à la terre.
Soudain un objet tout ce qu’il y a d’insolite et d’inattendu dans un pareil endroit me fit sursauter. En effet, coincée entre un monticule et la centrale, tel un ustensile oublié dans le champ de la caméra par un accessoiriste d’une série B, gisait une brouette, une vulgaire brouette de jardinier perdue et abandonnée, à côté de tant de technologie avancée !

- Oui ! C’est une vraie ! me confirme Martial. C’est la MET (Modularizet Equipement Transporter) Grâce à elle, les astronautes ramenèrent 43 Kg de roches et cailloux.
Bien, vous avez vu l’essentiel. Nous repartons vers les Apennins dans la Mer des Pluies.

Levant la tête, j’observais la terre et le continent Africain en train de disparaitre.
Atteindre la Mer des pluies depuis le cratère FRA MAURO situé dans l’Océan des Tempêtes nécessite le franchissement des Carpathes.
Vous pouvez suivre le voyage sur la carte lunaire que je vous ai distribuée.

Alexandre renonça à s’engager dans les Carpathes et préféra les éviter en les contournant par le cirque d’Aristarque puis de Lambert et enfin de Timocharis.
Après avoir contourné le dernier cirque, nous arrivâmes dans la Mer des Pluies en droite ligne vers les contreforts des Apennins.

- Voyez, me dit Alexandre, ce piton rocheux jaillissant en oblique de la chaine, c’est à ses pieds qu’alunit Apollo 15 en juillet 1971.

Nous nous en approchions à une vitesse relativement soutenue grâce au relief assez plat et ce fut probablement l’un des facteurs responsable de ce qui allait suivre : occupé comme nous à contempler cette étrange émergence rocheuse, au détour d’un gros rocher Alexandre aperçut trop tard cet obstacle extra lunaire mal stationné.
Il avait beau freiner debout sur les pédales, tourner le volant en tous sens, nous nous dirigions malgré tout droit dessus, roues bloquées.
Par manque d’adhérence (manque de poids) il était impossible de changer de direction et nous entrâmes alors en collision avec une jeep US ! La première jeep lunaire de la Nasa !
Alexandre se mit à jurer les grands dieux de l’univers.

- [i]Il n’y a que cinq véhicules automobiles sur la lune et nous venons d’en percuter UN !
Vous rendez-vous compte de l’improbabilité de la manœuvre ?[/i]

Nous descendîmes vérifier les dégâts.
Pas trop de bobos pour le poids lourd, un pare-choc et une aile avant cabossés. En revanche, l’essieu arrière de la jeep avait rejoint celui de devant. Elle était inutilisable.
Alexandre ne put s’empêcher d’ergoter :

- Ils n’auraient pas serré le frein à main, je l’aurais simplement poussée !

L’incident me laissa perplexe !

- Le choc aurait pu nous immobiliser, leur dis-je, Quand à rejoindre la navette à pieds….. ?

- Ne vous tracassez pas, le cas est prévu. Le coffre du 6x4 contient notamment deux véhicules individuels et portatifs.

Ces genres d’engins à deux roues et deux pédales, appelés vulgairement vélos, auxquels nous avons greffé un petit moteur fonctionnant à l’hydrogène et oxygène dégagés par notre casque. Notre autonomie en eau, pour nous et le moteur, est largement suffisante pour rejoindre la navette.

Je contemplais cette pauvre jeep bien mal en point quand Alexandre retraça son histoire :

- David Scott et James Irwin furent les premiers rallymen lunaires. Ce rallye consistait à ramener les roches les plus intéressantes vers le LEM.
76 kg furent rapportés en trois étapes d’environ 6 heures chacune, soit plus de 18 heures passées au volant de l’auto. A l’époque un exploit !

- Vous avez parlé de 5 véhicules ……


- En effet, le premier à alunir fut de nationalité russe, le Lunokhod I, qui débarqua d’ailleurs non loin d’ici dans la Mer des Pluies, le 17 novembre 1970.
C’est un tout terrain à 8 roues de 4,4O m de long, 1,60 de large et 750 kg, téléguidé de la terre.
En fait, seuls les programmes enregistrés pouvaient être choisis de la terre car l’engin procédait de sa propre initiative pour affronter les difficultés lunaires.
Il parcourut près de 10 km en 11 mois. Par la suite, après Apollo 17, c'est-à-dire après les vols habités, le deuxième véhicule russe le Lunokhod II débarqua en janvier 1973 conjointement avec un déflecteur laser français, le TL2.
Ce tout terrain améliora la distance parcourue et couvrit 37 km en 5 mois.


Alexandre me désignant une partie arrière de la jeep :
- Cet emplacement était réservé aux transports de minerai.

- Quelle était son énergie ?

- Batteries électriques.

- Comme un vulgaire chariot élévateur !


- Ne jouons pas les méprisants, cela se passait il y a plus de 40 ans et c’était déjà de la science fiction au quotidien.
Allez ! Retour au camp de base ! Les autres sites d’alunissages ne vous apprendront rien de plus.


Une fois installés dans le 6x4, Martial déploya sa carte….. routière :

- Nous avons deux routes possibles : soit contourner le Cirque d’Archimède et passer entre Autolycus et Aristyllus pour déboucher dans la mer de la Sérénité, la traverser pour retomber dans la Tranquillité en empruntant le canyon, longeant le cirque de Pline.

- Ou alors ….. Me prêtant au jeu, la carte sur les genoux, longer les Apennins, arriver dans le golfe Torride et dès que le relief le permet, tourner à 90° sur gauche, raser le cirque d’Hyginus puis celui d’Agrippa et arriver dans la Tranquillité par le cirque d’Arago.


- C’est en effet l’itinéraire le plus rapide car les abords d’Archimède sont trop montagneux.

Nous roulions sur un lunain plus plat et ferme, ce qui diminua le trajet de retour. La terre avait bien tourné sur son axe et nous dévoilait l’Asie.

Arrivés à la résidence, Alexandre abrita le 6x4 dans sa loge appropriée, coupa tous contacts électriques, ferma robinets d’oxygène et hydrogène tout en se réjouissant du fameux canular qu’il prévoyait d’accomplir.

Voilà, mes chers amis ! A demain, mercredi, si vous arrivez jusqu’ici.
Je vous dévoilerai une partie de la farce que préméditait Alexandre Fortin.
 #32960    par pere uranus
 vendredi 21 novembre 2014 à 12:57
A tous, bien le bonjour.

A l'approche des 4000 visites de l'Univers du père Uranus, certains souhaiteraient éventuellement bénéficier plus rapidement des prochains épisodes.
J'essaierai de leur envoyer par mail.
Aujourd'hui, je vous propose une visite qui n'est guère touristique car il s'agit d'une décharge : LA DECHARGE LUNAIRE.

BAR DE L’UNIVERS
Pension de Famille
Hôtel Restaurant




XXI épisode
VISITE DE LA DECHARGE SELENE
(Véritable déchetterie, casse auto, poubelle lunaire !)

Toulouse – Mercredi 17 h.
Fidèle à son poste, le père Uranus est fin prêt.
La municipalité a finalement cédé et interdit, comme les autres jours de la semaine, la circulation automobile les mercredis entre 17 et 19 h. Décision salvatrice amenant autant de monde autour du Bar de l’Univers.

- Mes chers amis, bonjour !
Nous en étions au moment où Alexandre Fortin souhaitait exécuter une farce, un gag spatial : retourner le satellite américain capturé par le phénomène d’impédance collatérale lors du trajet terre-lune, le retourner, dis-je, au domicile privé de son propriétaire, en l’occurrence l’ambassadeur des USA à Neuilly/Seine.
Bien….. Retournons sur la lune. Alexandre se dirigea donc vers l’arrière de l’œuf, actionna un levier qui fit basculer une trappe donnant accès à la soute du vaisseau.
Se saisissant de deux sangles, il nous demanda :

- Aidez-moi à le transporter :
De 600 kg sur terre il passe ici à 100 kg. Malgré sa forme arrondie, à trois nous y arriverons bien.


Le plus difficile fut les 15 derniers mètres à franchir dans ce sable gris et instable.
L’appareil hissé dans l’œuf, débarrassé de ses panneaux photovoltaïques, Martial le sangla contre une paroi.
La trappe rabattue, Alexandre, désignant du doigt sa résidence secondaire, m’expliqua :

- La demeure fonctionne en automatique, eau, électricité et chauffage y sont préréglés.
Le local pourrait servir d’abri à des astronautes en difficulté, tel un refuge de haute montagne à des alpinistes en péril.
Il suffit de tourner le volant de la porte d’entrée, de bien la refermer et d’ouvrir à l’intérieur la vanne d’air du sas pour bénéficier et jouir de tout le confort terrestre sur lune.
Allez en route ! En route céleste !


- La porte de la navette refermée, je me suis senti, après cet inimaginable périple, beaucoup plus près de chez nous, chez nous la terre, que dans ce loft lunaire parce-que l’œuf représentait probablement le lien ombilical nous reliant à notre planète.
Une fois désincarcérés de nos enveloppes et les WC honorés, Alexandre se mit aux commandes et releva l’œuf.

- Les télescopes ventraux n’aiment pas beaucoup flirter avec le sol, fut-il lunaire !

- Nous sortîmes de l’abri en marche arrière.
Alexandre inclina la navette à 45 % vers l’arrière tel un chien faisant le beau et pointa le télescope ventral principal vers Mars puis alimenta ses lentilles en électrons.

Alexandre :
- Nous allons effectuer un survol succinct du « terrain » de façon à vous dévoiler les divers crashs d’objets terrestres.
J’ai pris Mars en visée dominante, Vénus et Mercure en correction de trajectoire. La terre et la lune sont utilisées pour les modifications d’altitude : une légère impulsion vers la terre, nous nous élevons ou au contraire vers la lune et nous alunissons.


Subitement, je me sentis alourdi d’au moins 15 kg.

- Nous bénéficions déjà de la gravité martienne. M’expliqua Alexandre.

- Notre poids sur Mars sera divisé par 2,6 par rapport à celui sur terre, soit 30 kg pour une masse de 80 kg comme la vôtre.

L’engin s’éleva silencieusement, sans aucun remous, avec une aisance saisissante.
Nous atteignîmes 1000 mètres d’altitude et survolâmes ce satellite naturel tant observé depuis la terre. Martial m’indiqua, grâce au hublot inférieur, un objet métallique.

- Voici le premier Ranger et la première sonde américaine à avoir touché ce sol. Deux autres du même type s’écraseront à quelques centaines de km à 10 heures. (Direction) Neuf sondes identiques furent envoyées vers cet astre.

Alexandre ajouta :
- Je remonte à 5000 mètres car je me méfie de la région, les chaines montagneuses culminant à
4000 m existent bel et bien. J’ai beau minimaliser la vitesse, le risque d’entrer en contact avec une émergence lunaire est plus grand que pour un piéton de rester vivant sur une autoroute.


En dépit de cette vitesse modérée, le sol défilait à une allure folle.
La rapidité et les capacités de cet appareil laissait songeur.



Je questionnais Alexandre :

- Grâce à ce type de locomotion, la définition même de l’univers est-elle remise en question ? Longueur, largeur, hauteur et dimension temps ?

- En effet, le facteur temps prend un sacré coup de vieux parce qu’il avait un rapport fusionnel avec la vitesse de la lumière, la nôtre étant supraluminique… vous en tirez les conclusions.
Permettez, je passe en point fixe. (Point fixe : équilibre gravitationnel exercé sur la navette grâce au moins à deux astres).

Se saisissant d’une feuille et d’un stylo, il m’expliqua :

- Prenons l’exemple d’un voyage vers une planète de masse analogue à la terre, située très loin dans l’univers, malgré tout repérable dans nos télescopes. Notre vitesse maximum pour l’atteindre sera de V = M x m²
V = 6 x 10 21 tonnes (masse de la terre) x 20² (masse du véhicule)
V = 24 x 10 23 km/seconde
Sachant que la lumière effectue en une année 9461 x 10 9 km, le module aura parcouru un certain nombre d’années lumière à la seconde soit : V (km/s) = 24 x 10 23 = 25 x 10 10
AL (km) 9500 x 10 9
Soit 25 x 10 10 années lumières parcourues en 1 seconde.
-La distance vers la création de l’univers, c'est-à-dire 15 milliards d’années serait donc couverte en moins d’une seconde ???!!!???

C’est véritablement hallucinant !

- Mais faux !

- ??


- Cela reste théorique car le système nécessite d’accrocher un astre à cette distance et nous n’en sommes pas encore à ce stade. Nos télescopes ne sont pas assez sélectifs. Seuls des sauts de puces de planète en planète sont actuellement possibles. De surcroit la planète du système stellaire accrochée dans le télescope a pu disparaitre depuis des lustres et être toujours visible. Ce qui ne change, il est vrai, pas grand-chose.

Soudain, je me suis mis à hurler :
-Terre !!! Terre !!! Terre !!!

C’était assez incongru de crier Terre sur la Lune, toutefois dans l’imminence de la catastrophe, le choix du vocabulaire ne constituait pas l’essentiel de notre survie car malgré notre altitude, nous nous dirigions droit sur une montagne plus élevée, nous nous en approchions à une vitesse vertigineuse.
Les réflexes d’Alexandre jouèrent au dixième près.
- Nom de dieu de nom de dieu!!! Jura-t’il.

Il inversa les commandes, le sommet recula et nous nous élevâmes dans les airs (façon de parler) parce-qu’Alexandre actionna aussi le télescope dirigé vers la terre.
Comme quoi je n’avais pas tout à fait tort en criant Terre. Il fallait simplement s’en rapprocher.

- C’est ma faute, avoua Alexandre. J’avais laissé de l’intensité sur les lentilles dirigées vers Mars. Ouf !!! Nous l’avons échappé belle, nous avons failli nous écraser sur l’Everest lunaire, le Mont Leibniz culminant à plus de 8000 mètres.
Plutôt que d’effectuer des rase-mottes pour vous montrer tous ces engins échoués sur cet astre, je vais vous en établir la liste. Cette fois je passe véritablement en point fixe.


Sondes US :
- de 1961 à 1965 : 3 Rangers sur 9 atteindront le sol.

- 5 Lunars Orbiter lancés de 66 à 67 s’écraseront après avoir été mis en orbite.

- 5 Surveyors sur 7, de 66 à 68 dont 1 se pose en douceur envoyant quelques clichés vers
la terre. On peut d’ailleurs l’apercevoir dans son entière conception.

- Il y eut ensuite la série des Apollos habités qui bien heureusement quittèrent cet astre, en
Laissant néanmoins pas mal de matériel, notamment plusieurs véhicules et brouettes.


- En juin 1973 Explorer 49, un satellite de radio astronomie fut mis en orbite à 1100 km
d’altitude, équipé de 4 antennes de 225 mètres, qui s’est hélas écrasé.

- Janvier 1998 Lunar Prospecter, satellisé à 100 km d’altitude, établit une carte géochimique et découvre de la glace aux pôles.

- Juillet 1999 envoi d’une sonde afin de bombarder un cratère de 50 km et d’étudier si des
molécules d’eau s’en échappe. Réponse négative.


Voilà en gros pour les sondes officielles US. Je dis officielles car lorsque j’observe toutes ces épaves, je m’interroge : soit les pays comme les USA et la Russie ne disent pas tout, soit d’autres planètes envoient à leur tour leurs propres sondes afin d’explorer la terre d’ici, à l’abri sur la face cachée,
qui sait ?

Quant à l’ex URSS voici la liste toute aussi officielle.

- De 1959 à 76, 24 LUNA furent lancés et connurent pas mal d’échecs. Le premier
LUNA 9 s’écrasa en janvier 66.

- En septembre 70, LUNA 16 se pose ici et prélève quelques échantillons de terrain.
Nous ne pourrons l’apercevoir car les Russes ont réussi à le rapatrier.
- Un mois plus tard en octobre et un an avant les Américains avec Apollo 15 et sa
Jeep, débarque LUNA 17 dans la Mer des Pluies, accompagné du véhicule tout
Terrain le LUNOKHOD I, sans toutefois d’homme à bord.

- En janvier 73, LUNA 21 dépose un déflecteur laser français ainsi que le LUNOKHOD II
cinquième véhicule lunaire. Il parcourut presque 40 km en solitaire.


- En août 76 alunit LUNA 24. Il repartit 2 jours plus tard avec un échantillon de lunain carotté à 2 m de profondeur.

Voilà pour l’URSS.

Reste le Japon car lui aussi est dans la course.

En janvier 90 il envoie par le même lancement un satellite HAGOROMO, placé en orbite lunaire ainsi qu’un véhicule spatial HITEM qui lui, s’écrasera près du cratère Funérius et sera pulvérisé. Ce devait être un engin destiné à la multi navigation.

Alexandre marque un temps d’arrêt tout en réfléchissant.

- Nous n’allons pas quitter cet astre sans saluer le LUNOKHOD I, je fais demi-tour.
A mes débuts, effectuer un demi-tour était assez compliqué. Il fallait s’aider de la gravitation de plusieurs astres afin de faire pivoter le véhicule, jusqu’à ce que j’imagine un système rendant possible la rotation de la navette autour de l’axe central du télescope à l’aide d’un pignon et d’une couronne dentée. Le confort de la conduite s’en est grandement ressenti.
Nous y voici. Il est derrière cette barre rocheuse.

- OK, je l’aperçois, il est couché sur le flanc.


Alexandre :
- Cela me fait quelque chose de voir ce tout terrain immobilisé pour l’éternité et ce ne sont pas ses 8 roues qui le tireront d’embarras. Il faudrait recharger ses batteries.

Voilà le secret de la longévité, c’est l’énergie.
Quant à Alexandre Fortin, il en avait à revendre de l’énergie avec ses lentilles.

Après une larme versée, Alexandre changea de direction.

- Bien… Il est temps d’aller rendre visite à notre future colonie de l’an 2040, la planète Mars !

- Y avez-vous bâti un abri ?

- Non ! En revanche nous allons accomplir un acte lourd de conséquences pour l’avenir de cette planète et qui sait, pour le nôtre également.


Alexandre effectua alors un magnifique 180° grâce à la fameuse couronne dentée.
Tout en nous élevant rapidement du sol, dans un silence total ainsi qu’une absence complète de sensation, nous nous retrouvâmes sur la voie martienne.
Par le hublot arrière, je vis la lune diminuer à une allure incroyable alors qu’Alexandre prétendait accomplir ce voyage à une vitesse de croisière de manière à admirer le paysage.

- Oui ! me dit-il. Il serait dommage d’écourter un tel périple pour lequel un milliardaire débourserait une fortune.

Bien que fasciné par la conduite, je ne pouvais m’empêcher de jeter un œil vers l’arrière où j’aperçus la lune et la terre s’amenuiser de plus en plus, jusqu’à disparaître complètement.

Voilà, mes chers amis comment s’est terminée cette visite lunaire.
A demain sur Mars.
 #33390    par pere uranus
 mardi 6 janvier 2015 à 16:15
Bonjour et bonne année à tous, bonne année 2015.
Je préfère préciser l'année car le voyage spatial du père Uranus se situe le 4 décembre 1999 pour ceux qui l'auraient oublié.
Or notre petit trio atter...... amars..... allun......, se pose sur Mars le 4 décembre 1999.
Et que se passait-il ce jour marsien sur cette planète ???? Je vous le laisse découvrir en précisant que ce fait précis est tout à fait historique.
Bonne lecture à tous.



XXII EPISODE

LES BONNES HISTOIRES DU PERE URANUS

DIRECTION MARS




Toulouse – Jeudi – 17h45

Le père Uranus est en retard.

Fendant la foule, il monte rapidement sur l’estrade et ouvre son classeur.

- Mes chers amis, bonsoir, je vous ai laissés en plein voyage vers Mars.
Inutile de vous avouer ma jubilation pendant ce trajet. Cependant, suite à une peur latente de collision, malgré le « phénomène d’impédance collatérale », je ne cessais d’épier en tous sens un obstacle quelconque surgissant de nulle part.

Alexandre me rassura :

- J’ai un petit théorème sur les risques de collision : « les probabilités de collision entre deux corps évoluant dans le milieu céleste sont inversement proportionnelles à leur vitesse »
Traduction : plus votre vitesse est élevée moins le risque de choc est à craindre.


La planète Mars grossissait dans le pare-brise et je n’apercevais déjà plus la terre, à plus forte raison la lune. Cela me créait un léger creux à l’estomac. Quittant la Terre pour la Lune, je n’avais pas ressenti cet effet. Est-ce le fait de quitter le système Terre Lune ?
J’en fis part à Alexandre.

- Effectivement la Lune exerce sur la Terre et les êtres vivants, jusqu’aux végétaux, un tas de phénomènes pour certains encore inconnus à ce jour, alors que sa principale activité est de stabiliser l’axe de la Terre sur son plan d’orbite.

- Combien de temps mettrait la Terre sans la Lune à s’incliner sur son plan d’orbite ?


- Oh là ! Je ne saurais vous le dire, en revanche nous savons que Mars s’incline de 15 à 35° en
10000 ans. En temps astronomique c’est très court. Le temps est une notion à la fois mécanique et sensorielle.


Subitement Pierre Olive interrompt d’une façon péremptoire le père Uranus :
- En effet, votre professeur Fortin a tout à fait raison : selon que vous vous trouviez en galante compagnie sur de l’Epéda Multispires ou sous le feu de l’ennemi dans un trou d’obus gorgé d’eau en pleine mousson, le temps ne s’écoulera pas de la même façon et pourtant, et pourtant il sera la même heure à la Seiko à quartz de SAS. (Pierre Olive est un fervent lecteur des romans de Gérard Devilliers !

Eclat de rire dans le public sans doute adepte de ces romans d’espionnage.

Père Uranus : - Bravo pour la formule ! Je continue si vous le voulez bien et demandais à Alexandre :

- Où allons-nous atterr… allun… amarsir ?

- Ne vous fatiguez pas, nous avons choisi une bonne fois pour toute le terme très technique de :
« se poser »


Mars remplissait l’écran, je veux dire le pare-brise.

Alexandre : - Je déplie mes vérins.

- Vos trains de pose ?

- Exactement. Nous nous poserons dans une région située près de l’équateur, à l’ouest du grand canyon, afin de bénéficier de température positive. Il y fera meilleur que sur la Lune.


- Le grand canyon ?

- Nous l’appelons ainsi, plus connu sous le nom de Valles Marineris.


Alexandre ajustait son lieu de pose tout en m’indiquant :

- Voyez cette plateforme rocheuse surplombant cette immense plaine, vestige probable d’une grande étendue d’eau, mer ou océan. Nous bâtirons notre prochaine résidence au bord de la falaise.

- Quelle est l’onctuosité du sol ? Sableuse, glaiseuse, rocheuse, caillouteuse ?

- Sable gras, parsemé de rochers aux tailles multiples.
La composition du sol est en moyenne à 50% d’oxygène, silicium 20%, fer 10%, magnésium, calcium et aluminium 6% chacun.

D’après la position du soleil, nous profiterons d’une température de presque 20° celcium, oh pardon celsius.
Mis à part l’équateur, c’est une planète globalement froide. Le -100° est assez répandu. Les écarts de température entre le jour et la nuit sont atténués par sa faible atmosphère de moins de 10gr/cm² composée à 95% de gaz carbonique, azote 3%, argon 1,5%, traces d’oxygène, CO et vapeur d’eau.
Elle est beaucoup plus éloignée du soleil que nous, 230 millions de km contre 150 millions pour la Terre, d’où sa faible température. Son diamètre est deux fois plus petit que celui de la Terre, sa densité aussi est plus faible, 3,9 contre 6. Sa rotation sur elle-même est de 24 h et 37mn, étrangement ressemblant à la nôtre. En revanche les années sont plus longues, 687 jours de rotation orbitale.
Oh veuillez me pardonner, j’oubliais votre profession, vous devez connaître ces détails aussi bien que moi.


- Pas tous, rassurez-vous. Je m’enrichis au contraire.

- Ah ! Bien ! Je continue.  Mars possède deux petits satellites : Phobos et Deïmos, hélas pas assez massifs pour maintenir l’inclinaison de son axe sur son plan d’orbite. Son inclinaison varie et elle ne peut donc bénéficier de climats et de saisons stables.
Pourtant le passé de cet astre démontre le contraire.
Il a certainement connu une vie beaucoup plus régulée. Son relief témoigne d’une présence d’eau abondante donc d’une atmosphère beaucoup plus soutenue parce-qu’aujourd’hui avec une telle pression atmosphérique l’eau ne peut se maintenir à l’état liquide, en dessous de 7g/cm² l’eau se sublime. La pression globale de Mars est de 6gr/cm².


- Au fond de Valles Marineris la pression étant plus élevé, devrions-nous découvrir de l’eau à l’état liquide ?

- Vous avez entièrement raison. Il faudra un jour y faire une petite excursion. Mars a également bénéficié d’une activité volcanique. Entre Olympus, son volcan dominant à 27km et le fond de Valles Marineris, à moins de 10000 m, le relief de la Terre semble à côté bien polissé.

- Que s’est-il donc passé pour que Mars perde son atmosphère ?


- Elle devait posséder un satellite beaucoup plus conséquent que ces deux pommes de terre. Je l’ai baptisé Marsipus, d’environ 1700 km de diamètre, évoluant sur une orbite autour de Mars distante de 100 000km, lui permettant de bénéficier d’une certaine stabilité axiale et de marées dans ses étendues d’eau.

- Alexandre Fortin me conta alors le passé de Mars, son combat avec la planète Venus par satellites interposés, combat qui s’acheva par la destruction de la vie sur ces planètes. Vie dont la Terre hérita.
Souvenez-vous, ce fut le thème d’une discussion, ici même, intitulée « Mars contre Venus » (N° 6)

Pierre Olive : - c’était donc lui votre source ??!!

- Exactement.
Pendant cet exposé Martial était aux commandes de l’œuf dont la vitesse était réduite au maximum. Nous survolions un sol très accidenté et je dois avouer qu’il conduisait la chariote spatiale aussi bien qu’Alexandre.
Bien… Revenons sur les commentaires d’Alexandre.

- C’est bien un choc de titan entre Marsipus et Venusis frappant également Mars qui a englouti cette belle vie martienne et déclenché une activité volcanique et tectonique hors du commun absorbant mers et océans dans ses entrailles et par voie de conséquence la vapeur d’eau, ce qui diminua d’autant le pression atmosphérique.
Indirectement, la suppression de vapeur d’eau (gaz à effet de serre) refroidissait la planète et gelait par la même occasion le gaz carbonique sur ses pôles, accentuant la baisse de pression atmosphérique.


Au fur et à mesure de ces explications, je regardais, scrutais, admirais cette planète au relief et couleurs si étranges, ses nuances allant du brun clair au jaune étoilé, éclairée par un ciel rose.
Cette lumière était également agréable et vive.
Arrivant de la Lune, une véritable oasis nous attendait, un paradis coloré, inondé par le soleil.
En comparaison, notre croissant à géométrie variable me paraissait triste à mourir.
Aux commandes, Martial descendait lentement vers le sol afin de me faire découvrir le relief le plus contrasté de tout le système solaire, aussi bien dans ses profondeurs que dans ses hauteurs.

- Regardez me dit-il à 1 h nous apercevons Olympus, à l’est les 3 autres volcans alignés : Ascraeus
Pavonis et Arsia, puis plus loin toujours à l’est, le début du Grand Canyon Valles Marineris.

- Incroyable !!! Ne puis-je m’empêcher d’ajouter, ces volcans forment un triangle équilatéral presque parfait !!!


Cette enquête avait débuté et progressé sur terre grâce au triangle des Bermudes, aride de réseaux routiers : Troyes, Chalon, St-Dizier. Cette aventure se poursuivait sur Mars avec la visite de la région la plus haute, le plateau de Tharsis dont les volcans formaient le même triangle, de quoi se poser des questions sur les significations  « triangulatoires » ??? !!!

Pointant du doigt un endroit du relief, Alexandre me dit :

- Lors de notre dernier voyage, nous avons repéré l’emplacement idéal pour notre petite implantation aux conséquences considérables pour l’avenir de cette planète, région spécifique, bénéficiant d’une température oscillant entre -20° et +27° parce que proche de l’équateur, abrité du terrible vent martien le « Marstril »
Nous allons nous poser sur le rebord de cette falaise qui surplombait probablement un ancien océan.
La pression atmosphérique atteint presque par instant les 7gr fatidiques.

Martial : - Attachez votre ceinture, nous descendons.


Il endossait parfaitement le rôle d’un commandant de bord du service régulier Terre-Mars.

Alexandre : - Nous allons bénéficier de combinaisons plus légères, absentes de liquide, car ici les températures positives sont supportables et les négatives seront compensées par l’électricité fournie par le même casque.

- Quel gaz respirerons-nous ?

- Le même, de l’hydrox, s’il ne vous a pas tourné la tête.

- Non, en revanche je me demande si je ne vis pas un rêve éveillé.


- Heumh ! Il est grand temps de se poser, vous verrez cette planète est euphorisante. Ensuite si vous tenez le coup et le souhaitez toujours nous en visiterons une autre, hors du système solaire.
Ce qui vous sera donné d’apercevoir aura réellement de quoi vous déboussoler et pourtant ce n’est qu’un simple exercice de conjugaison du temps dans l’univers.


Après ce périple, je me demande ce qui pourrait encore me surprendre et me faire perdre le nord car j’avais déjà perdu l’aiguille de ma boussole intérieure.
Erreur, il restait beaucoup plus extraordinaire à voir. Patience.

Descente sur mars.

Les distances étaient difficiles à appréhender. Malgré tout le temps était clair, nous descendions graduellement et distinguions un peu mieux ce relief chaotique entremêlé d’anciens lits de rivières, jonchés de rochers jaunes.
L’absence de végétation m’empêcha de m’extasier tout à fait.

Je questionnai alors Alexandre :
-Mars bénéficie-t’elle d’une protection contre les rayons cosmiques ?

- Hélas non. Elle n’a pas de protection magnétique contre ces éruptions solaires si dangereuses. Malgré tout, afin de conjurer le danger de rayonnement, nous allons poser la première pierre pour une deuxième vie martienne.

- C'est-à-dire ?


- Surprise, soyez patient.

A quelques dizaines de mètres du sol, Martial se jouait de l’attraction martienne compensée par celle de la Terre.
J’exultais littéralement, sentiment non ressenti à l’approche de la Lune. Pourquoi ? Allez savoir !

Peut-être considérais-je la Lune comme partie intégrante de la Terre puisque déjà visitée et foulée par l’homme à pied, à brouette et en jeep, tandis que Mars reste pour quiconque, à part nos hôtes, une planète vierge.
Martial choisit une grande étendue relativement plate, au bord de la falaise plongeant plusieurs centaines de mètres plus bas.

Martial : -Nous allons nous poser ici et aurons d’autant plus chaud qu’il est midi à la pendule martienne ou au méridien Fortin.

- Comment le sais-tu ?

- Grâce à l’absence d’ombre sur le sol de ce grand rocher pointu.

Alexandre : - J’envisage de construire ici la première villa bénéficiant de tout le confort, avec vue sur océan…..


- Sans eau !!!

- Pour l’instant ! Je me lance le défi de la faire revenir. Nous sommes en train d’accomplir le nécessaire pour cela.

Les pieds télescopiques déployés, nous touchâmes délicatement le sol, les vérins jouant le rôle d’ascenseur, la navette s’abaissa alors au ras de Mars.

Martial : - Mars !!! Arrêt – Buffet, tout le monde descend !

Il coupa l’alimentation électrique des lentilles réacteurs, sauf celle du télescope arrière en liaison constante avec notre planète.
Nous pénétrâmes dans le sas.

Alexandre : - Les combinaisons allégées sont les jaunes au fond du placard. A part la double paroi à circulation liquide, elles bénéficient du même confort que les premières.

Malgré l’allègement de la tenue, je me sentais plus lourd que sur la Lune et devais approcher les 45Kg.
La manœuvre de sortie accomplie, l’air du sas s’échappa sur Mars.
Le baromètre indiquait une pression de 6,780gr/cm²

Alexandre : -Attention, j’ouvre !

La planète rouge était bien là, nous sautant aux yeux de toutes ses couleurs intenses et chatoyantes.
Hormis la végétation, nous nous serions cru en Provence, tout y était si clair et joyeusement lumineux.
J’enjambais la dernière marche me séparant de Mars. Malgré quelques kilos supplémentaires, la combinaison plus souple rendait les mouvements plus aisés.
Une fois à Mars, j’accomplis alors le geste rituel de chaque terrien abordant un astre inconnu : frapper le sol du pied puis sauter afin d’analyser la densité, l’onctuosité, particulièrement pour en ressentir la gravité.
Jouant les cabris, je ne m’aperçus pas de suite d’un fait insolite : je m’entendais sauter !
Etonnant non ? !!
Je percevais directement l’impact de mes pieds sur le sol martien constitué de sable gras semblable à du sable mouillé.
Réalisant mon étonnement, Alexandre m’expliqua :

- La faible atmosphère propage malgré tout les sons comme sur Terre et les espèces de ventouses sur les côtés du casque font office de micro et de haut-parleur, si bien que nous pouvons communiquer sans passer par la radio.

Je me sentais comme drogué, ivre, shooté au Mars !
Il émanait de cette planète, de cette lumière rose, radieuse, irradiante, une telle euphorie que l’envie m’envahit d’enlever mon casque pour respirer, sentir et humer le thym, le romarin et la garrigue toute entière d’une Provence sauvage, déserte et vierge de toute végétation et population.
J’étais d’une admiration sans borne pour cette couleur si déroutante de ce ciel aux nuances infinies de rose, jaune et marron.
J’écartais les bras et gambadais comme un gamin. Toutefois l’instinct de conservation m’avertit du danger d’un tel bien être et me calma recta, quand j’aperçus dans ce ciel si rose une corolle !!!
Je m’égosillai :

- Alerte ! Alexandre ! Martial ! Attention la légion débarque, les paras attaquent !!!

Ils m’examinèrent, inquiets sur mon psychisme, avertis du phénomène produit par cette planète à sa première visite…. Mais de là à voir des parachutistes débarquer sur Mars…… !!!!!

Pierre Olive : - Vous n’étiez véritablement pas dans votre état normal, père Uranus !

- Détrompe-toi, Pierre Olive, tout ce que je te retrace est rigoureusement exact.

- Peut-être, mais pas le parachute !

- Surtout le parachute !!!
Je suis certain de vous convaincre demain.

A demain donc, si vous le souhaitez toujours.

(Note du narrateur aux lecteurs épris de réalité : s’il y a une chose bien historique dans ce récit, c’est bien ce fait inattendu qui perturba tant le père Uranus)
 #33527    par pere uranus
 jeudi 29 janvier 2015 à 12:46
Bonjour à tous.
Voilà déjà 15 ans qu'a eu lieu ce monumental fiasco de la NASA sur Mars.
Vous le découvrirez lors de la pose de la première pierre à la terraformation de Mars.


LES BONNES HISTOIRES DU PERE URANUS
XXIII EPISODE
TERRAFORMER MARS
Le 4 Décembre 1999


Toulouse – Vendredi – 17h35
Hier, le père Uranus a plongé son public dans le doute, un véritable flou qu’il a promis d’effacer en se justifiant, preuves à l’appui.
Au début, les spectateurs ont eu du mal à entrer dans cette aventure mais quand elle devient trop rocambolesque ils décrochent et ne reviennent pas.
C’est donc devant la moitié de l’assistance qu’il poursuit son récit.

- Mes chers amis, bonjour.
J’étais, il est vrai, dans un état euphorique en apercevant ce parachute. Persuadés que je divaguais devant un mirage martien, Alexandre et Martial levèrent la tête et se rendirent à l’évidence. Martial marmonna :

- Qu’est-ce foutu parachute ???

Etrangement, ils me demandèrent alors :
- Quel jour sommes-nous ?

Il est vrai qu’avec ces changements de faisceaux horaires, ces décalages orbitaux et une année martienne comportant 687 jours, ils étaient un peu perdus. Consultant ma montre, je les renseignais :

- Nous sommes le 4 décembre 1999 si je ne me trompe pas.

- Ah mais bien sûr, je sais ce que c’est. Avoua Alexandre.

- Vous devinez l’identité de l’assaillant en consultant le calendrier ?

- Absolument ! C’est « Mars Polar Lander » la sonde américaine. Elle est partie de terre il y a 11 mois et devait toucher ce sol le 4 décembre I999.

[i] Toutefois, je ne m’explique pas sa présence ici. Elle aurait dû se poser en région polaire. Cela fait une sacrée marge d’erreur. Les Américains ont pourtant, depuis Viking I et II, affiné leur précision.

- J’ai peut-être une explication leur répondis-je.
A vous côtoyer et à vous écouter, j’en arrive à vous précéder.
Supposez un instant cet engin frôlé par notre navette. Occupés à évoquer le passé de Mars, nous ne l’aurions pas aperçu, en revanche votre fameux « phénomène d’impédance collatérale » aurait pu le dévier de sa route. Il nous aurait alors accompagnés comme le satellite américain sur la lune.[/i]


-[i] En effet, c’est une hypothèse vraisemblable et cela va probablement bouleverser leur programme.
« Ils » prévoyaient le carottage du sol sur 2 mètres de profondeur, accompagné comme toujours de nombreux clichés environnants.

Martial : - ça par contre c’est gênant, nous serons fatalement dessus. A fortiori, grâce à leurs images millimétriques, notre engin sera échographié de tous côtés et notre mode de déplacement avec son type d’énergie percé à jour. Ils sont tout sauf sots à la Nasa et comprendront vite le fonctionnement. Que faire ? Comment procéder sans leur causer de dommage ?[/i]


Alexandre : - Ces images passent fatalement par une antenne. Nous la débrancherons pendant notre excursion et j’intercalerai un contacteur programmable de façon à rétablir le contact après notre départ. Cela me parait non dommageable pour la sonde.

(Hélas, la suite a spectaculairement démontré le contraire)

La sonde, dont nous percevions un peu mieux les contours biscornus, continuait sa descente freinée malgré la faible atmosphère par son parachute. Nous entendions également le sifflement des rétros moteurs de freinage.

Alexandre : - Ils n’ont pas pu la protéger d’air bag comme pour la sonde Pathfinder suite à son poids plus conséquent et ont adopté le classique système de rétro fusée additionné d’un parachute.

Martial revint vers la soute de notre vaisseau et ramena une caisse à outils et une échelle.
Mars Polar Lander approchait, faisant gicler le sable en tout sens.

Alexandre : - Retournez-vous de façon à protéger la visière du casque d’un sablage inévitable.

Les pieds de l’engin touchèrent enfin le sol dont l’onctuosité amortit quelque peu l’impact.
Il tanguait, vacillait sur ses pieds et finit par se stabiliser. Chose surprenante et certainement imprévue : son parachute, dans une splendide et majestueuse retombée en corolle, vint l’ensevelir entièrement.
Nous en restâmes sidérés.

Alexandre : - L’appareil aurait dû le larguer plus haut. Le rupteur altimétrique n’a probablement pas fonctionné. Bien ……. Pas besoin d’intervenir, laissons-le ainsi jusqu’à notre départ, nous enlèverons ce linceul au dernier moment.

Martial pointa du doigt le haut de la sonde, la toile bougeait comme si quelqu’un cherchait à s’en dégager.

Je ne pus m’empêcher de poser la question :
- Ont-ils envoyé sur Mars un vol habité ?

- Non, ce doit être l’antenne qui s’oriente vers la Terre.


Il se frappa soudain le haut du casque :
- Nom d’une pipe, ils ont inclus un programme d’émissions sonores et vont fatalement percevoir nos conversations ainsi que le moindre bruit de nos pas. Il est préférable de leur couper momentanément l’émission.

Après avoir ôté le parachute, Martial débrancha l’antenne et l’opération effectuée, il redescendit.

Alexandre nous annonça :
- Bien ! Maintenant passons aux choses sérieuses, venez voir, mon cher Ganymède, le clou de ce voyage. L’organisme vivant qui métamorphosera cette planète vers un retour aux sources en quelque sorte, au sens propre comme au figuré.

Je suivis Alexandre jusqu’à l’arrière de notre navette d’un pas martien (à cheval entre le pas terrestre et le pas lunaire)
Le haillon ouvert, j’aperçus le satellite américain sagement sanglé ainsi que trois engins inattendus à l’intérieur d’un véhicule spatial d’avant-garde : 3 VTT aux sacoches garnies.

- Attendez, ce n’est pas fini précisa Alexandre.

Martial grimpa à l’intérieur et ramena un arbuste en pot.

Alexandre : - Je vous avais promis une surprise, la voici : nous allons nous balader en VTT sur ce relief accidenté, descendre les méandres du lit de cette ancienne rivière, le long de la falaise, afin de planter plus bas cet arbrisseau dans ce beau delta.
Ici même, nous bâtirons notre villa à l’architecture plus soignée que notre refuge lunaire.
Nous bénéficierons d’une vue imprenable sur ce qu’était Mars autrefois et sur ce qu’elle sera demain car vous l’avez probablement deviné, mon projet consiste à ramener l’eau à la surface martienne.


Le père Uranus, le gosier sec, fit signe à Maurice qui l’approvisionne de sa cervoise préférée.

- Oui, mes chers amis je n’ai pas changé une virgule à la réalité, j’ai fait de la bicyclette lors d’une excursion planétaire. C’est difficile à croire mais c’est ainsi.
Pierre Olive : - Vous avez bien fait du camion sur la Lune. Faire du VTT sur Mars ne surprendra personne, Père Uranus. (Le père se demande si Pierre Olive ne se fiche pas un peu de lui.)

- Quoiqu’il en soit je m’inquiétais du devenir de l’arbrisseau et questionnai :
Croyez-vous qu’il résistera au climat ?

Alexandre : - Je l’ai choisi, sur le conseil d’un ami chercheur et pépiniériste à ses heures, pour sa spécificité à soutenir les températures négatives de cette planète et plus particulièrement à résister à de très faibles pressions atmosphériques proches de zéro. Les plantes sont comme nous, leur sève possède une pression interne particulière de façon à irriguer le végétal dans son ensemble.
Cette pression doit rester inférieure à la pression atmosphérique qui l’entoure afin que la sève ne perfore pas les fibres de la plante. Non seulement cet arbuste bénéficie d’une texture très robuste mais aussi d’une pression de sève très faible, ce qui en fait un végétal idéal pour ici.
Mon ami me l’a ramené incognito d ’Himalaya où la pression atmosphérique est la plus faible.


Alexandre l’examina et ne constata pas d’écoulement de sève. Je lui demandai :

- Quel est le nom de cet arbuste fondateur de la deuxième vie martienne ?

- Je l’ai rebaptisé Photus Carbonyphilium Resistus.

- Le sol sera-t-il assez fertile pour lui ?


- Aucune importance, nous lui apportons sa nourriture. Quant à son atmosphère gazeuse de prédilection, il en a à profusion avec 95% de gaz carbonique. Grâce à sa chlorophylle et au soleil il nous produira de l’oxygène bien de chez nous. Si l’arbuste se plait, nous coloniserons Mars avec ses confrères, ce qui à la longue inversera le pourcentage gaz carbonique et oxygène suite au procédé chimique déclenché par les photons sur la chlorophylle : la photosynthèse.

6 C02 + 6 H2 O + photons = (C6 H12 O6) glucose + 6 O2

6 molécules de gaz carbonique + 6 molécules d’eau bombardées par les photons fabriquent du sucre plus 6 molécules d’oxygène qui à basse pression est respirable par l’homme.

L’inversion de ces deux gaz CO2 et O2 doit s’effectuer conjointement à une augmentation de la pression atmosphérique.

- En effet lui répondis-je j’ai entendu parler du projet Mars Underground de R. Zubring et Mac Kay.
Ils souhaitent réchauffer le gaz carbonique gelé des pôles en le noircissant de scories, ce qui dans un premier temps ferait fondre cette glace, la transformerait en gaz, alourdissant ainsi l’atmosphère.
Dans un deuxième temps l’atmosphère enrichie en CO2 jouerait le rôle de gaz à effet de serre.
Cependant afin d’accélérer le processus, ils prévoient d’adjoindre des gaz CFC tant décriés sur Terre.
La planète serait alors réchauffée et l’atmosphère alourdie.



- Et l’effet de serre enclenché !!! Bravo !!!
Etant donné l’énorme stock de gaz carbonique de cette planète contenu dans son atmosphère, son sol et ses pôles, rien ne pourra arrêter le mécanisme de réchauffement. Mars prendra le chemin de Venus. C’est exactement le processus à éviter.

- De quelle manière envisagez-vous d’augmenter la pression et le réchauffement ?

- Grâce à deux actions simultanées :


1) Plantation généralisée de Photus Resistus sur une large ceinture équatoriale comprise entre les deux tropiques.
2) Nombreux forages sur cette ceinture de façon à libérer l’eau du sol.
Cette eau d’abord sublimée alourdira l’atmosphère et par effet de serre modéré
augmentera la température.


L’assistance dans le bar de l’Univers était scotchée aux propos du père Uranus.
Maurice et Pierre Olive, barman occasionnel, avaient pris place à côté des clients, oubliant totalement leur tâche.
Le père Uranus les rappellent à l’ordre en levant sa chope, occasionnant en petit entracte.
L’assemblée, désaltérée, il poursuit :

- Revenons à notre plantation et notre premier jardinier interplanétaire : le professeur Alexandre Fortin.

- Les arbustes se développeront m’expliqua-t-il se nourriront de gaz carbonique rejetant de l’oxygène et seront arrosés par le deuxième facteur de développement : l’eau.
En absorbant le CO2 ils éviteront un réchauffement trop rapide.
S’il vous plait, n’oublions pas le triste passé de Mars et ne jouons pas une deuxième fois aux apprentis sorciers avec elle !

- Soyez sans crainte, je m’en garderais bien !


J’examinais l’arbuste, son tronc bénéficiait d’une gangue importante et les feuilles étaient d’une épaisseur et d’une douceur étonnante et demandais à Alexandre :

- Ce n’est certainement pas à travers le silicium que Photus Carbonyphilium Resistus tirera sa pitance quotidienne ?

- Ne vous en faites pas, s’il résiste aux rayons de tout l’alphabet, je lui prédis longue vie.

Martial retira de la soute les 3 VTT.

Alexandre : - Le troisième était destiné à mon frère.
Les sacoches des deux premiers contiennent des cubitainers d’eau, quant au dernier, à part Photus, il renferme de la nourriture manufacturée dans l’espace, produite par nos WC célestes.

- Ah ! C’était donc pour lui !!!

- Eh oui ! Veuillez bien nous aider à attacher pelles et pioches sur les porte-bagages.

Alexandre tout joyeux :

- Allez en route, nous allons dévaler la falaise par cet ancien lit de torrent.
Permettez-moi de vous rappeler le danger mortel sur les planètes dépourvues d’atmosphère ou à atmosphère très tenue : ce n’est pas la fracture suite à une chute mais bien un accroc à la combinaison entrainant la dépressurisation.
A fortiori sur un VTT, le risque est multiplié et n’oubliez pas l’essentiel, notre masse n’a pas changé.
En revanche notre adhérence est divisée par 2,6. Il n’y a pas d’ABS sur ces bécanes, le danger de bloquer les roues au freinage est important.
En cas de chute, un simple conseil, mettez vos chaussures en avant. Elles vous protègeront.
C’est la seule partie de la combinaison invulnérable, malgré les compresseurs.


Voilà, mes chers amis comment j’ai pratiqué de la bicyclette sur les pentes martiennes.

La semaine prochaine, je vous raconterai notre plantation.
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