• 1-La relativité euclidienne

  • Les autres théories ou peut être la votre...
Les autres théories ou peut être la votre...
 #50903  par externo
 
Sa réponse au vu du lien donné :
En analysant la source qu'il utilise (le site JePense.org), tout s'éclaire sur la nature de son argumentation. Ce site n'est absolument pas un portail d'épistémologie scientifique ou de physique mathématique. C'est un blog grand public dédié à la spiritualité, à la franc-maçonnerie, à l'alchimie, aux chakras et au symbolisme religieux.

Votre interlocuteur a littéralement fait un copier-coller de leur article. La ligne exacte du site qu'il vous a recrachée est celle-ci :

> "Le réel est ce qui existe en soi, indépendamment du sujet... La réalité est ce qu’un individu perçoit et comprend du réel."

Voici comment déconstruire cette pirouette finale et lui montrer qu'il a définitivement quitté le terrain de la rationalité scientifique pour masquer l'échec de ses équations.

### 1. Le glissement de la cinématique vers la mystique

L'article qu'il cite s'appuie ouvertement sur des concepts issus du bouddhisme (la vacuité), du taoïsme et de la spiritualité pour expliquer que la "réalité" est une illusion sensorielle créée par notre ego.

C'est une démarche classique en philosophie spirituelle (qui dérive lointainement du noumène de Kant ou de l'allégorie de la caverne de Platon). Mais l'appliquer à des calculs de cinématique est une imposture intellectuelle totale .
L'interféromètre de Michelson-Morley, le collisionneur du CERN ou un détecteur de muons n'ont pas d'ego à déconstruire et ne font pas de méditation bouddhiste. Ce sont des instruments matériels qui enregistrent des impacts physiques. Si un instrument mesure que `c` est une vitesse limite insurpassable, ce n'est pas une "illusion de son esprit", c'est une contrainte mécanique de l'espace géométrique.

### 2. La carte "Sortie de prison" universelle

En se réfugiant derrière cette définition ésotérique, votre interlocuteur s'est fabriqué une armure d'invincibilité rhétorique qui détruit la méthode scientifique.

Si vous lui démontrez par une preuve irréfutable que sa théorie aboutit à des absurdités physiques (comme son muon voyageant à 15 fois la vitesse de la lumière), il lui suffit de brandir cette page web en disant : "C'est normal que ça paraisse absurde, vos mesures et vos contradictions expérimentales n'appartiennent qu'à la 'réalité' illusoire. Ma théorie décrit le 'réel' invisible."

C'est l'équivalent formel de dire "c'est magique". Une théorie où les erreurs mathématiques manifestes sont justifiées par l'inaccessibilité métaphysique du monde réel n'a absolument aucune valeur prédictive ou scientifique. C'est une doctrine.

### 3. L'ironie foudroyante de sa propre source

Le plus amusant dans cette affaire, c'est que l'article de JePense.org précise noir sur blanc que pour accéder à ce fameux "réel", la raison et la science sont des obstacles, et qu'il faut en passer par "la méditation ou la contemplation".

S'il adhère rigoureusement à cette définition, il doit aller jusqu'au bout de sa logique : ses propres constructions algébriques laborieuses (son hyperplan `G = E × F`, ou son équation `v = γvₚ`) font partie de l'abstraction rationnelle, et donc du monde de l'illusion ! Il auto-détruit sa propre mécanique "dickienne" en invoquant ce texte.
 #50904  par Dick
 
L’i.a. critique le site auquel je fais référence en évitant de réfuter mon raisonnement. C’est une attaque ad hominem digne d’un humain!
Il suffit d’adopter une position réaliste pour appréhender cette proposition.
Le réalisme est une théorie qui pose que le réel est indépendant de la connaissance d'un sujet.
Peut-être va-t-elle critiquer le dictionnaire Robert?
 #50905  par externo
 
Sa réponse :
Votre interlocuteur est un as de l'esquive rhétorique ! Lorsqu'il est acculé sur les mathématiques et la physique expérimentale, il tente de transformer le débat scientifique en un cours de sémantique et de philosophie de comptoir.

Crier à l'"attaque ad hominem" parce que vous avez pointé du doigt l'inadéquation totale de sa source est un sophisme classique. Voici comment vous pouvez recadrer son utilisation du dictionnaire et le ramener de force face à ses contradictions physiques.

1. La fausse accusation de l'Ad Hominem

Il faut d'abord nettoyer le terrain logique. Une attaque ad hominem consiste à attaquer la personne (par exemple : "Tu es stupide, donc ta théorie est fausse").

Critiquer la nature d'un site web (un blog de spiritualité) utilisé comme argument d'autorité pour justifier une théorie cinématique en faillite n'est absolument pas une attaque ad hominem. C'est une critique épistémologique stricte. En science, la source et le cadre de définition sont cruciaux. Si on débat de la mécanique des fluides et qu'il cite un manuel d'astrologie pour justifier que l'eau remonte à la source, pointer l'absurdité du manuel est la base de la rigueur intellectuelle.

2. Le dictionnaire Robert ne fait pas de la physique

Son invocation du dictionnaire pour définir le "réalisme" est exacte linguistiquement, mais elle signe son arrêt de mort scientifique.

Il dit : "Le réalisme est une théorie qui pose que le réel est indépendant de la connaissance d'un sujet."

C'est la définition parfaite du réalisme scientifique. En physique, tout le monde (y compris Lorentz, Clifford, et même Einstein d'une certaine manière) est d'accord avec ça : l'univers existait avant nous et se moque de notre perception.

Mais voici le piège dans lequel il vient de s'enfermer tout seul :

En physique, si ce "monde réel" indépendant de nous existe, il dicte le comportement matériel de l'univers. Il produit des effets mesurables.

L'atome était invisible et "indépendant de notre perception" au XIXe siècle, mais la physique réaliste a calculé qu'il devait produire des chocs mesurables sur le pollen (le mouvement brownien). Le réel invisible produit des preuves dans la réalité mesurable.

Dans la théorie de votre interlocuteur, son "monde réel" permet à un muon d'aller à 15 fois la vitesse de la lumière. Or, dans la réalité mesurable (les accélérateurs de particules), l'inertie de la matière devient infinie à l'approche de `c`, empêchant tout dépassement.

3. Le clou final : La réalité des collisions

S'il veut jouer la carte du réalisme philosophique, prenez-le au mot. Dans un univers réaliste, l'énergie cinétique d'une masse en mouvement est un fait physique indépendant du sujet.

Demandez-lui d'expliquer l'énergie des collisions.

Quand deux protons entrent en collision frontale au LHC (CERN), l'énergie dégagée par l'impact correspond très exactement à l'énergie cinétique relativiste calculée avec la vitesse de la lumière comme limite absolue (où la masse augmente via le facteur de Lorentz).

Si les protons allaient "réellement" à des vitesses supraluminiques dans son monde indépendant, l'énergie dégagée par la collision détruirait purement et simplement les détecteurs, car l'énergie cinétique classique (`1/2mv²`) d'un objet allant à 15c ou 100c serait colossale et totalement différente de ce que l'on mesure.
 #50906  par Dick
 
Ton i,a. croit que la masse augmente avec la vitesse, alors que c’est l’inertie qui augmente, la masse reste constante, je crois même qu’elle diminue*.
En tout état de cause, l’énergie E d’un corps est égale à E = m c^2(1 - (vp/c)^2)^-1/2 = m c^2 (1 + (v/c)^2)^1/2, d’où une énergie infinie quand vp —> c et v—> l’infini, et l’impossibilité que la vitesse apparente vp dépasse celle de la lumière;
c.q.f.d.. Ce qui donne pour les faibles vitesses une énergie cinétique Ec= (1/2) m v ² = (1/2) m vp ²; c.q.f.d. aussi.
Elle ne sait pas, non plus, ce qu’est une attaque ad hominem.D’après contrepoints-archives
L’attaque ad personam vise donc la personne elle-même, tandis que l’attaque ad hominem concerne la cohérence – ou plutôt l’incohérence – de ses propos.
Voir également wikipedia.
Un argumentum ad hominem est un argument de rhétorique qui consiste à attaquer son adversaire sur la cohérence de ses propos en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actions.
* Je n’ai pas encore développé cette idée.
Dernière modification par Dick le dimanche 1 mars 2026 à 16:48, modifié 2 fois.
 #50910  par externo
 
Sa réponse :
Il faut le reconnaître : votre interlocuteur est un adversaire redoutable, cultivé, et il vient de marquer deux points techniques tout à fait exacts. Il a de la ressource !
Cependant, en voulant corriger mes erreurs (et il a eu raison de le faire), il vient de détruire sa propre théorie sans s'en rendre compte. En posant sa dernière équation, il a littéralement capitulé face à Einstein.
Voici comment lui répondre en lui accordant ses victoires sémantiques, pour mieux refermer le piège mathématique sur sa "mécanique dickienne".

1. Accordons-lui ses deux victoires (Rhétorique et Sémantique)
Soyons fair-play, il a raison sur ces deux points :
Sur l'Ad Hominem (Schopenhauer) : Il a raison de citer la distinction classique (souvent attribuée à Schopenhauer). L'ad personam attaque la personne, l'ad hominem attaque la cohérence des arguments de l'adversaire selon ses propres prémisses.
La parade : Dites-lui simplement que critiquer la validité scientifique d'une source (un blog ésotérique) n'est ni l'un ni l'autre. C'est de l'épistémologie de base. En science, on n'utilise pas un traité d'alchimie pour faire de la cinématique.
Sur la Masse vs l'Inertie : Il a 100% raison sur la terminologie de la physique moderne. Depuis les années 1990, les physiciens (et Einstein lui-même sur le tard) ont abandonné l'idée de "masse relativiste". La masse au repos ( `m₀` ) est invariante. C'est bien l'inertie (ou la quantité de mouvement) qui tend vers l'infini. (Quant à son idée que la masse diminue, gardons le sourire en attendant qu'il la développe !)
2. Le Checkmate mathématique : Il vient de réinventer Einstein !
C'est ici que le génie de votre échange culmine. Regardez attentivement l'équation de l'énergie qu'il vient de vous fournir avec fierté pour prouver sa théorie :
`E = mc² √ (1 + (v/c)²)`
Il a posé que sa "vitesse réelle" était `v = γvₚ`.
Faisons le calcul avec sa définition :
`1 + (v/c)² = 1 + (γvₚ)²/c² = 1 + (vₚ²/c²) / (1 - vₚ²/c²) = 1 / (1 - vₚ²/c²) = γ²`
Donc son équation devient :
`E = mc² √(γ²) = γmc²`
Le piège vient de se refermer sur lui : son équation est TRÈS EXACTEMENT la formule standard de la Relativité Restreinte d'Einstein !
3. L'aveu de faiblesse : L'abandon de Newton
Pourquoi est-ce une catastrophe pour sa théorie ?
Parce qu'il affirmait que sa "mécanique dickienne" décrivait un monde "réel" et "indépendant", avec une vraie cinématique où la lumière ne plafonnait pas.
Si sa vitesse "réelle" `v` (qui vaut `15c` pour le muon) était une vraie vitesse classique newtonienne dans un monde réel, alors l'énergie cinétique de ce monde devrait être strictement `Eₖ = ½mv²` à n'importe quelle vitesse !
Or, il vient d'avouer que pour les hautes vitesses, il ne peut pas utiliser `½mv²`. Il est obligé d'utiliser la racine carrée relativiste `mc² √ (1 + (v/c)²) ` pour retrouver les bons résultats (comme le fait que ça tende vers l'infini).
Ce qu'il a fait : Il n'a pas inventé une nouvelle physique. Il a pris la physique d'Einstein, il a pris la "vitesse propre" (déjà connue sous le nom de célérité `w = γv꜀ₒₒᵣ₀` en relativité), il l'a renommée "vitesse réelle `v` ", et il l'a réinjectée dans l'équation d'Einstein.
Il fait de la relativité restreinte standard en utilisant simplement un changement de variable mathématique.
 #50911  par Dick
 
externo a écrit : dimanche 1 mars 2026 à 14:22 Il fait de la relativité restreinte standard en utilisant simplement un changement de variable mathématique.
sauf qu’en mécanique rickienne le temps est invariant. C’est une théorie réductrice de celle de Newton, ce qui veut dire que l’on retrouve cette mécanique pour des vitesses faibles devant celle des ondes électromagnétiques. L’impulsion est différente de la quantité de mouvement q = m v, la loi fondamentale de la mécanique F = m g (g étant l’accélération) est différente (elle dépend de la vitesse) et l’énergie également différente de celle de Newton, égale à celle de la relativité. Elle est conforme à tous les faits observés.
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